Magazine de décoration Sofadéco - Édition Décembre 2009 - Janvier 2010 - La botanique et vous - Une araignée au plafond…
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Sofadéco / Décembre 2009 - Janvier 2010



Un dracéna près du sofa et un bégonia sur la table du salon. Voilà : en moins de deux, un décor est créé.

Dans la dernière partie de cette série de deux articles sur les plantes d’intérieur, je vous présente une dizaine de végétaux à feuilles « classiques » et à fleurs. À l’instar des cactus et des plantes grasses, ces plantes d’intérieur ne requièrent pas de soins exigeants ni de rempotages fréquents. Un fragment de forêt tropicale dans chaque pièce de la maison!

Texte : Sylvie Laberge       Photos : Patrick Laberge      


Fougère – Filicophytes
Contrairement aux autres plantes d’intérieur décrites ici, les fougères ne sont pas confinées aux forêts tropicales. Elles poussent sur tous les continents (sauf l’Antarctique) et supportent différentes conditions de température et d’humidité. Vestiges d’une époque géologique lointaine, ces végétaux ont beaucoup évolué. Certaines espèces, comme le Cyrtomium falcatum, sont très faciles à entretenir, car elles survivent à un éclairage tamisé et à un arrosage peu fréquent. Quelques variétés indigènes, qu’on peut aussi cultiver à l’intérieur, préparent leur feuillage des années d’avance : il peut y avoir jusqu’à quatre saisons de croissance enfouies au cœur de la couronne, à quelques centimètres de la surface. Les fougères, ainsi que la majorité des plantes d’intérieur, ne nécessitent souvent qu’un rempotage annuel dans un terreau de bonne qualité. En effet, les plantes comblent la quasi-totalité de leurs besoins nutritifs avec l’eau et la lumière. Les minéraux essentiels, et ceux dont elles n’ont qu’un besoin limité, se trouvent en grande quantité dans une bonne terre d’empotage, en vente partout!

Vriesea – Broméliacées
Toutes les plantes de cette famille ont une caractéristique commune : elles n’ont pas de tige, mais une rosette. L’écrasante majorité des broméliacées sont des plantes tropicales épiphytes, qui passent leur vie accrochées aux troncs et aux branches des arbres. Les racines servent en effet à maintenir le plant à la verticale, à des hauteurs variant selon l’espèce. C’est donc par leurs rosettes que les broméliacées se nourrissent. La pluie et la rosée s’y accumulent, ainsi que de nombreux débris végétaux. Après plusieurs années, c’est un habitat entier qui se crée à plusieurs mètres du sol. Une faune diversifiée y élit domicile. D’autres végétaux non épiphytes profitent du substrat nouvellement constitué entre les nombreuses racines et les interstices pour s’installer. Chez nous, les broméliacées peuvent être cultivées dans des pots peu profonds et doivent être alimentées en eau à partir de la rosette. Certaines espèces ne fleuriront jamais à l’intérieur, et d’autres, après deux ou trois ans seulement. Suivant la floraison, le plant mère produit quelques rejetons, puis meurt. Ces végétaux sont adorés pour leur feuillage particulier, rappelant les peintures bigarrées des artistes surréalistes.

Phalaenopsis – Orchidacées
Comment ne pas mentionner les orchidées? C’est la plus grande famille du monde végétal, comptant plus de 25 000 espèces. On en découvre de nouvelles chaque année. Ces plantes ont fait l’objet de recherches assidues par les chasseurs d’orchidées, ceux-ci s’enfonçant toujours plus profondément dans la jungle à l’affût d’espèces inconnues. On pourrait écrire des pages entières sur elles, tellement elles ont évolué différemment des autres plantes à fleurs. Les orchidées ne sont pas des végétaux faciles d’entretien. Néanmoins, une fois leurs besoins particuliers bien comblés, elles deviennent plus simples à cultiver. Ces plantes, en majorité épiphytes, peuvent croître sans substrat, racines à nu, si elles sont bassinées quotidiennement. La plupart des amateurs les conservent dans un mélange très léger de tourbe, de copeaux de bois, de sable et de perlite qu’ils laissent sécher entre les arrosages. Les orchidées demandent un éclairage vif pendant les mois d’hiver, le soleil étant même recommandé pendant quelques heures. La floraison spectaculaire, qui s’étend sur plusieurs mois, justifie à elle seule l’effort d’entretien supplémentaire.

Pelargonium – Géraniacées
Les pélargoniums – qu’on appelle souvent à tort géraniums – proviennent d’Afrique du Sud. À partir des espèces souches, une incroyable variété d’hybrides ont été créés. Après un été au jardin, ils peuvent être rempotés et rentrés à l’intérieur. Il ne faut pas confondre les pélargoniums et les véritables géraniums. Ces derniers sont vivaces et demeurent dans la plate-bande toute l’année. Les pélargoniums sont faciles d’entretien: un peu de soleil pour assurer la floraison et un arrosage normal. Leur feuillage est souvent odorant, dégageant un arôme agréable lorsqu’on le manipule. On sait que les végétaux sont sensibles au toucher. Des amateurs ont voulu aller plus loin: ils ont soumis un groupe de pélargoniums à la musique de Mozart pendant une certaine période. Un groupe témoin reposait dans des conditions identiques, sans la musique cependant. Ils ont constaté une croissance accélérée, une floraison plus abondante et prolongée ainsi qu’un maintien général amélioré chez le groupe exposé à la musique de Mozart. Coïncidence? Se pourrait-il que l’amateur de plantes vertes ne possède pas l’exclusivité du bon goût?

Sansevieria – Agavacées
On dit de la « langue de belle-mère » que c’est une plante grasse. Ce sont ses rhizomes charnus qui lui valent un tel qualificatif. Les parties aériennes sont constituées de feuilles épaisses et coriaces, très résistantes aux blessures et au flétrissement. Malgré tout, on peut la classer dans la catégorie des plantes à feuillage « classique », car son organe de réserve est souterrain. Les sensevières sont des plantes quasi parfaites : elles tolèrent de très larges écarts de température, l’ombre, le soleil, la sécheresse… Bref, elles tolèrent la négligence ou l’omission, le tout sans rempotage! Les plantes d’intérieur ne font souvent que survivre en pot, loin des conditions naturelles dans lesquelles elles prospèrent habituellement. Or, les sensevières croissent sans difficulté dans ces conditions, résistant aux plus mauvais traitements, confondant les botanistes! Originaires du climat subtropical de l’hémisphère sud, elles poussent rapidement à l’automne. De plus, en s’offrant gracieusement à notre contact quotidien, ces magnifiques végétaux participent toute l’année au bien-être de la maisonnée.

Philodendron – Aracées
Les philodendrons sont des plantes tropicales semi-épiphytes. Ils s’agrippent aux troncs des arbres et récupèrent les substances nutritives et l’eau s’écoulant le long de ceux-ci grâce à des « crochets » aériens. Ils possèdent aussi un autre type de tissus qui, eux, descendent jusqu’au sol pour s’y enraciner. Ces deux systèmes permettent à la plante d’être très autonome et de résister aux épisodes de sécheresse qui sont récurrents en forêt tropicale. Les philodendrons qui sont grimpants ou retombants (il en existe qui poussent en rosette) mesurent parfois plusieurs mètres. Ces végétaux contemporains ont développé, il y a des millions d’années, des structures vasculaires permettant la circulation de la sève sur de grandes distances. Comme la majorité des plantes modernes prospérant aujourd’hui sur la terre, les philodendrons peuvent ainsi atteindre des tailles impressionnantes. En pot, à l’intérieur, certaines variétés mesurent jusqu’à 10 mètres de longueur! Lumière vive mais non directe, arrosage modéré, rempotage peu fréquent, voici un autre sujet digne de partager la liste des végétaux sans entretien!

Dracena – Agavacées
La dracéna est une plante tropicale qui peut atteindre une taille appréciable dans certains cas. Elle mesurera 1,5 mètre de hauteur après une quinzaine d’années en culture. On lui donne le qualificatif fragrens, car ses fleurs sont très parfumées. Mais cette plante ne fleurira que très rarement en pot. Son feuillage caractéristique est très souvent panaché de blanc, de jaune ou de rose. Certaines variétés possèdent de très larges limbes, luisants et retombants, leur donnant l’apparence de petits palmiers exotiques. Ces feuilles doivent être débarrassées de la poussière qui s’y accumule, car elle ralentit la photosynthèse et, donc, la croissance. Comme pour beaucoup d’autres plantes d’intérieur à feuilles larges, il suffit de les frotter délicatement avec un linge humide. Il faut procéder doucement, car les canaux transportant la sève sont fragiles. Toutes les plantes d’intérieur sont sensibles au toucher: léger et sans pression, il profite aux végétaux qui le perçoivent et qui y réagissent bien. Cependant, si les feuilles sont manipulées rudement, leur croissance ralentira et même s’arrêtera. Nos compagnons végétaux méritent d’être bien traités!

Chlorophytum – Liliacées
Originaire de l’Afrique du Sud, la plante araignée vit un cycle saisonnier différent du nôtre : là-bas, c’est l’été en décembre. C’est pourquoi on observe une croissance accélérée de ses feuilles dès le début de l’automne, en octobre. Ces végétaux de couleur verte uniforme ou panachée font partie de la liste des plantes les plus utiles à la purification de l’air souvent vicié de nos maisons. En plus d’absorber du CO2 et de libérer de l’oxygène pur lors de la photosynthèse, l’araignée métabolise – et transforme en composés inoffensifs pour l’humain – une variété de substances nocives dégagées par notre mobilier. Le formaldéhyde en est un exemple. Cette plante robuste de la famille des liliacées tolère différentes conditions de température, mais s’épanouit dans un environnement au-dessus de 10 °C. Bien arrosée, elle produira une infinité de rejetons qui pourront être repiqués pour former de nouveaux plants, clones parfaits de leur chère maman!

Saintpaulia – Gesnériacées
Les violettes africaines de mon enfance ont fait ma joie pendant de nombreuses années. Ces plantes à fleurs originaires de la Tanzanie sont très faciles à entretenir. Elles demandent une luminosité et un arrosage moyens et seulement un rempotage occasionnel. Le même plant pourra vous accompagner tout au long de votre vie, puisque sa croissance est relativement lente. On peut rajeunir la rosette principale en la taillant sous le bouquet de feuilles. Après quelques jours dans l’eau, de nouvelles racines apparaissent au niveau de la coupure, et le plant peut être rempoté immédiatement. La caractéristique principale des saintpaulias est la possibilité de produire de nouveaux individus par bouturage d’une simple feuille. Contrairement à beaucoup d’autres plantes d’intérieur, ces végétaux sont insensibles aux changements des saisons. Ils fleuriront toute l’année, indépendamment de la durée du jour. Les fleurs sont nombreuses et très jolies. La beauté des violettes africaines est une source de bien-être pour l’amateur de plantes d’intérieur, qui ne peut que sourire devant une si exquise délicatesse.

Begonia – Bégoniacées
Il existe des milliers d’espèces et de cultivars de bégonias. En forêt tropicale, leur environnement d’origine, certaines espèces ne possèdent qu’une très petite feuille issue d’un minuscule organe de réserve, le tubercule. Durant la saison sèche, l’unique feuille tombe, et l’individu ne survit que grâce aux nutriments accumulés dans le tubercule. Le cycle se poursuit ainsi pendant de très nombreuses années. D’autres espèces sont gigantesques, leurs feuilles pouvant atteindre près d’un mètre de diamètre! Certaines variétés se reproduisent très facilement à partir de fragments de leurs feuilles. En milieu naturel, ces végétaux deviennent immortels : leur bagage génétique se répète à l’infini grâce aux nombreuses blessures causées par la chute incessante de débris provenant de la canopée. Les portions feuillues tombées au sol sur un terreau fertile s’enracinent, créant ainsi une foule de clones identiques au plant mère. Frugal, le bégonia n’est exigeant ni en eau, ni en lumière. L’immortalité pour une telle plante, que demander de mieux?