Magazine de décoration Sofadéco - Édition Été 2008 - Espace à découvrir - L’Hôtel des Premières Nations : les trésors d’une culture ancestrale

Après 20 ans de projets, de rêves et de discussions, l’Hôtel des Premières Nations est maintenant sur pied. Un endroit unique et original qui possède une vocation muséale, hôtelière et gastronomique. Il abrite 55 chambres et suites, toutes situées du côté de la rivière Akiawenrahk (rivière Saint-Charles ). S’y trouvent aussi le Musée Huron-Wendat, un hôtel quatre étoiles et un restaurant haut de gamme où des repas inspirés des traditions des Premières Nations sont au menu. Chic, convivial et inspirant, l’endroit renferme les traditions d’un peuple accueillant.

Texte : Julie Houde      


Le Musée Huron-Wendat

De son côté, le Musée offre à ses visiteurs un véritable voyage culturel à travers différentes époques. Dès l’entrée, quelques arbres nous accueillent. À travers ceux-ci, une projection d’eau, de feuilles et d’autres éléments de la nature nous transporte à l’extérieur. Derrière des vitres, différents objets racontent à eux seuls des petits bouts de l’histoire d’un grand peuple. Présentés sous trois thèmes (les territoires, les mémoires et les savoirs), les objets, les écrits et les vêtements traduisent les volontés, les ambitions, les moments heureux et aussi les plus difficiles vécus dans une autre époque.



L’architecture extérieure de l’hôtel, véritable chef-d’œuvre en soi, évoque la forme des maisons longues dans lesquelles habitaient autrefois les Iroquois. Quant à la partie de l’hôtel qui abrite le Musée Huron-Wendat, son architecture rappelle un fumoir. Un clin d’œil au passé afin qu’il soit préservé au fil des ans.

Un havre de paix

Derrière les portes, un salon à aire ouverte attend patiemment clients et visiteurs afin de leur offrir confort et tranquillité. Il arbore un décor naturel et paisible dans lequel s’exhibent différents objets empreints des valeurs et des coutumes des Première Nations.

De longues colonnes de bois s’élèvent jusqu’au plafond rappelant la robustesse et la force des arbres en pleine nature. À leur pied, on a déposé un lit de pierres dans lequel un éclairage tamisé met en valeur le bois naturel et sans artifice.

Plusieurs fauteuils vêtus de bois et de cuir ceinturent un foyer quatre faces qui s’étire jusqu’au plafond pour imposer sa stature. Placé délicatement sur un socle de céramiques qui imitent la pierre, il apporte chaleur et apaisement aux gens qui tentent de se retirer un peu du rythme effréné de la vie quotidienne.

De véritables peaux d’animaux ont été déposées sur les fauteuils, et des coussins teintés de gris, d’orangé et de noir arborent des motifs propres aux ornementations des Premières Nations .

Brisant le rythme de l’endroit, des tables de salon au design unique se faufilent entre les fauteuils. Certaines rappellent d’anciens tambours recouverts de peaux, d’autres de vieux troncs d’arbres ayant atteint un âge respectable. Une bibliothèque aux formes sinueuses renferme des livres qui traitent des mœurs et des traditions des Premières Nations. Puis, enfermé dans une toile, un homme à la peau rouge semble surveiller les gens qui viennent s’asseoir un instant sous ses yeux.

Le sol a été habillé d’une céramique brune teintée de beige accompagnée d’un tapis aux couleurs semblables à celles d’un animal .

D’immenses fenêtres s’étirent jusqu’au second étage afin de laisser pénétrer la lumière et de permettre aux gens d’admirer le paysage.

Un décor tout en harmonie qui évoque la nature. On a même parfois l’impression d’être assis en pleine forêt…

Des aires de repos

Sur chaque porte s’ouvrant sur une chambre ou une suite sont peints des numéros faits entièrement à la main par les habitants de Wendake. Parés de plumes et d’ornements originaux, ils illustrent le talent des gens de la région tout en identifiant les pièces .

La vie extérieure s’est frayé un chemin pour s’installer confortablement dans chaque suite. Une véritable peau d’ours, source de tant de romantisme, s’étend au pied du lit aux allures rustiques. Sur ce dernier, deux coussins recouverts de peaux d’animaux gardent un œil l’un sur l’autre. Des tables de bout en tronc d’arbre sont disposées de chaque côté de la tête de lit et, sur le mur, on a installé une peau tendue dans un bouclier.

Un balcon agrémente chaque chambre d’où on peut apercevoir un paysage magnifique. On n’a qu’à entrouvrir la porte vitrée pour laisser entrer le bruit de l’eau de la rivière qui caresse les pierres et s’écoule lentement vers d’autres lieux.

Un restaurant haut de gamme

Décoré avec sobriété et bon goût, le restaurant de l’hôtel peut accueillir 125 personnes. Au menu : des repas succulents qui rappellent la nourriture et la façon d’apprêter les mets des familles des Premières Nations. Les plats sont inventés et concoctés minutieusement par le renommé chef Michel Gagné.

Au-dessus du comptoir d’accueil ont été déposés des panaches d’animaux fournis par nul autre que le grand chef Max Gros-Louis. De nombreuses bûches de bois tapissent le mur derrière le comptoir, bref échantillon de la nature conservé entre deux panneaux de verre.

Une table de bois accueille les invités à l’entrée. Avec ses pieds de métal, elle semble imiter la forme d’un arbre. Le chef a pris soin d’y déposer les menus ainsi qu’un échantillon des épices utilisées pour assaisonner sa nourriture.

Au centre de l’entrée trône un foyer qui, tout comme au salon, est accompagné de poutres de bois massif. À travers sont installées les tables où l’on peut manger tout en admirant la rivière par la fenêtre. Le plafond de couleur orangée ponctue l’endroit d’une touche de vitalité, tout comme les murs habillés d’un gris foncé.

Un décor moderne où flottent les effluves de plusieurs bons petits plats …