Magazine de décoration Sofadéco - Édition Été 2008 - La 52e Maison Familiale Kinsmen - Hommage à 400 ans d’hiver

Inspiré de l’époque victorienne, l’extérieur de la 52e Maison Familiale Kinsmen apparaît sage avec ses dentelles en façade, ses hauts pignons et ses riches matériaux tels la brique et le bois de pin. Mais sous ses airs de bonne famille se cache un monde d’extravagances frisant la fantaisie d’un pays où l’hiver est éternel. Cet intérieur est l’expression du designer Yvan Bédard.

Texte : Mélanie Veilleux      


Portrait de designer

Yvan Bédard est « le designer chéri » de la Maison Familiale Kinsmen. Il a eu la chance de crée pour elle plus de 11 intérieurs. Et à chaque fois, il embarque dans le projet avec la même passion : « C’est une thérapie, un défi, une performance artistique, une œuvre complète et un amalgame du savoir-faire de chacun des partenaires », raconte-t-il. Cette année, Yvan Bédard nous présente la Maison Familiale Kinsmen comme un véritable spectacle où l’hiver tient le rôle principal.


« Mon pays, ce n’est pas un pays, c’est l’hiver » (Gilles Vigneault)

De l’intérieur, la Maison Kinsmen évoque le temps selon la mémoire de son designer. Il se rappelle nos poètes, nos paysages et plusieurs hivers, le tout mélangé au style baroque. « Ce sont des souvenances inspirées de 400 ans d’histoire », explique le designer Yvan Bédard. Ainsi les murs peints des couleurs de l’hiver murmurent les vers de Vigneault, de Nelligan et de Ferland au côté d’objets à l’image de la froide mais lumineuse saison.

La thématique hivernale se fait bien sentir dès le hall. Les miroirs de l’élégante table console reflètent un environnement de glace : les appliques à cristaux et le miroir givré et orné de motifs fantaisistes. Dans ce décor froid, un arrangement floral défie la nature qui l’entoure.

Rencontre du chaud et du froid

Le bois et le chrome créent un contraste dans cet espace réservé au bureau. Nous sommes en fait dans les bois. Bois chocolat pour les stores et la table de travail, bois d’érable pour le plancher, qui emprunte son teint à la graine de coriandre séchée, et branchettes de chrome effet verglas comme plafonnier. Une lampe placée sur le bureau est sertie d’une nature morte pour le moins de glace; elle illumine la nature sauvage environnante.

Tout près de là, les mots de Samuel de Champlain s’exprimant dans un vieux français sont imprimés sur un mur.

D’autrefois

La cuisine dépeint une scène rustique du temps où nous n’avions que faire du superflu. On a donc retenu le merisier au naturel pour les panneaux d’armoires et les tiroirs tout en osant laqués de gris quelques modules de bois. Plusieurs accessoires de cuisine sont de plus laissés à découvert et font fi de l’idée d’une pièce trop bien rangée . Cette mise en scène conviviale se reflète sur la toile Barrisol couleur « fleur de métal » installée au plafond.

La pièce est dynamisée par l’îlot imposant (71 po sur 79 po). C’est autour de lui que gravitent les activités de cuisson, de remplissage de chaudrons et de rangement. « Sa surface, comme celle des autres espaces de travail, est faite de pierre de Jérusalem prélevée dans une carrière près de la mer Morte. Quelques fossiles y sont incrustés », note au passage le designer Yvan Bédard.

Inspiration baroque : Une subtile mais chic ornementation crée des caissons au mur. Traités à la mode d’aujourd’hui, ces derniers sont pourvus de décalques.

Pour les grands jours

À la salle à manger, une chute de cristaux se jette du plafond à caissons telle une percée de soleil éclatante après une grise journée d’hiver. A fin d’en arriver à un tel résultat, le designer a choisi un luminaire conçu au préalable pour un escalier. La table en bois massif et les chaises en cuir blanc décorent la pièce et s’agencent à la collection de tables du très convoité designer new-yorkais Thomas O’Brien. Effet de style pour les fenêtres : une imposte en arche contribue à laisser pénétrer la lumière du jour tout comme les fenêtres légèrement dévêtues.

« Fais du feu dans la cheminée, je reviens chez nous » (Jean-Pierre Ferland)

Au salon, le cuir capitonné des canapés bombe le torse, invitant chacun à venir rêver devant l’âtre fumant pendant les froides soirées d’hiver. Les pierres de la cheminée sont inspirées par celles du Vieux-Québec. Elles s’accordent dans une juste mesure avec les plafonds d’autrefois. À l’avant-plan de ce spectacle vieillot, que l’on aperçoit de la salle à manger, le turquoise recouvre coussins et plancher.

Tirée d’un conte de fées

« Elle est fraîche, juvénile, tout droit sortie d’un conte de fées. » Voilà les termes qu’emploie le designer Yvan Bédard pour décrire cette chambre dont le charme a été déployé en vue de conquérir le cœur d’une jeune fille. Nous sommes maintenant à l’étage .

Le brun et le turquoise s’affichent gaiement. Les moulures dentelées parcourent les murs y ajoutant de riches détails. La literie est parcourue d’un fin travail de broderie formant fleurs et feuilles. Et les cristaux, véritable leitmotiv de la maison, s’affichent ici comme lustre à pampilles au teint rosé.

La liberté totale!

Dans la salle de bains secondaire, le noir et le gris sont exploités à fond. Le meuble-lavabo, les murs inférieurs, la douche et le plancher ont profité de cet élan soutenu de sensations fortes. Derrière la baignoire autoportante mise en lumière de façon originale par un plafonnier rose, un décalque botanique fait dans l’art moderne. Le bleu et le mauve se disputent les murs supérieurs. Ce bleu-mauve traduit bien l’idée du designer qui joue, un peu partout dans la maison, sur les diverses teintes qui colorent la neige à différent moment de la journée pendant l’hiver.

Ô Belle au bois dormant!

Dans la chambre principale, la couleur chaude du bois s’agence avec le turquoise de la thématique des eaux glacées. La commode miroir et la toile Barrisol du plafond créent elles aussi un effet de glace, comme si elles incitaient à un moment d’hibernation.

Dans le couloir menant à la salle de bains principale, un module de rangement sert de banquette, que l’on a décorée de coussins et d’un arrangement floral. Il est situé devant une vaste penderie.

Après un spectacle d’hiver réussi, l’ordre est rétabli. Un merisier teint noyer a été choisi pour les modules de rangement et le coffre de la baignoire. Au plafond, une retombée dotée de lumières encastrées tamise l’éclairage au-dessus de la baignoire . On a misé sur le style classique pour créer un endroit sobre et lumineux.

L’ultime et belle fantaisie : une céramique posée au sol imite la richesse du marbre italien.

Pour une 14e année consécutive, l’immense terrain de stationnement des Galeries de la Capitale est la terre d’accueil de la Maison Familiale Kinsmen, et ce, jusqu’au 17 août prochain, date à laquelle aura lieu le tirage de la résidence. L’heureux gagnant de la 52e Maison Familiale Kinsmen, d’une valeur de 563 984 $, aura deux options : conserver la résidence que l’on installera dans le faubourg Le Raphaël ou empocher la somme de 300 000 $ offerte par Royal Lepage Inter-Québec.