Magazine de décoration Sofadéco - Édition Été 2011 - Destination - Le Cambodge, mais « Angkor »!

Arrivés à Phnom Penh, la capitale, on s’habitue rapidement à la circulation routière. Les motos sont partout et on transporte de tout… On remarque aussi la présence de moines bouddhistes qui font la quête quotidienne d’argent et de nourriture (Tak Bat). Ils sonnent aux portes des commerces et des résidences pour recueillir des dons qui serviront à la survie
de la pagode. En échange, ils prient et étudient.

Texte : Line Gariépy      


Près de 90 % des Cambodgiens sont bouddhistes. Ils montrent leur ferveur religieuse dans les temples (appelés pagodes) ou lors de manifestations à l’extérieur; essentiellement, ils présentent des offrandes à Bouddha, se recueillent et brûlent des bâtons d’encens pour que s’élèvent leurs prières.

En 1975, les rebelles Khmers rouges ont envahi Phnom Penh et chassé ses habitants. Le nouveau régime a marqué la période la plus difficile de l’histoire cambodgienne, qui s’est soldée par un génocide de plus de 2 millions de Cambodgiens. Le régime a aussi ravagé plusieurs monuments et bâtiments; on a détruit les bibliothèques et tout ce qui avait rapport à la culture khmère. La visite d’une ancienne école, alors transformée en centre de détention, de torture et d’exécution par les Khmers rouges, est très bouleversante. Des centaines de photographies des victimes prises par leurs tortionnaires y sont exposées, et elles évoquent encore l’horreur et le dégoût. Cette visite, de même que celle du camp d’extermination de Choeung Ek, situé à environ 15 km de la capitale, est essentielle pour le devoir de mémoire, à mon avis.

Bien qu’on ait tenté d’anéantir la culture khmère, elle demeure encore bien vivante. Le Musée national des beaux-arts propose des spectacles de danse mettant en scène les très gracieuses apsaras (nymphes célestes). Ce spectacle magnifique, sous les étoiles, est présenté par des jeunes de différents villages qui y voient l’opportunité de voyager et de faire voyager leur culture. Du point de vue architectural, le palais présidentiel de Phnom Penh, épargné par les Khmers rouges, ressemble à une pagode. Les esca­liers, décorés de serpents (naga), agrémentent la construction raffinée.

L’Empire khmer (du IXe siècle au XVe siècle) a construit près de 300 temples dans la région d’Angkor, aujourd’hui un site archéologique faisant partie du patrimoine mondial de l’UNESCO. Idéalement, il faut visiter Angkor avec un guide afin d’apprécier l’histoire et les particularités du site, dont les nombreux détails gravés dans la pierre de certains monuments. Nous avons aussi visité librement le temple d’Angkor Vat lors d’une agréable balade en vélo dans des sentiers boisés.

Les temples sont fascinants. Les racines de fromagers croissent autour des structures et les consolident. Les rayons du soleil, selon les heures, créent des effets spectaculaires. Les temples sont décorés de nombreuses apsaras sculptées en bas-relief. De plus, des femmes déguisées en apsaras sont parfois sur les sites des temples pour le plaisir des touristes qui veulent se faire photographier avec elles. Après plusieurs heures à marcher dans les temples d’Angkor, mes pieds ont réclamé un massage. J’ai opté pour un massage Doctor Fish : des centaines de poissons thérapeutes voraces vous chatouillent et mangent les petites peaux mortes sur vos pieds… une expérience électrisante! Rassurez-vous, j’ai encore mes dix orteils.

Le Cambodge maritime est très attrayant. Baignée par le golfe de Thaïlande (anciennement appelé golfe de Siam), la ville de Sihanoukville dévoile ses nombreuses plages. Les femmes qui s’y promènent avec leur palanche offrent différents produits à manger, des parasols, des transats… de tout pour le farniente! Le sud maritime est une région agricole. On y cultive du riz, des fruits tropicaux et aussi le fameux poivre de Kampot. Le paysage typique du Cambodge est constitué de rizières, de palmiers et de plaines. Au sud-est, le mont Bokor offre ses flancs à la culture maraîchère.

À Kampot, nous avons visité un marais salant qui produit, grâce à un ingénieux système d’irrigation avec de l’eau de mer, une fleur de sel exquise. Le travail est toutefois laborieux, car rien n’est mécanisé.

Ici, la mer est très nourricière et le crabe est succulent. L’élevage de crabes se fait encore de façon artisanale et à petite échelle. Le marché aux crabes de Kep est le lieu de distribution par excellence de ce divin fruit de mer. Une combinaison culinaire à ne pas manquer si vous passez par là : le crabe au poivre vert de Kampot. Vraiment, nos papilles s’en réjouissent encore.

Le Cambodge nous a conquis. Ses gens, son histoire, ses temples, sa culture, sa nourriture, on en demande « Angkor »!