Magazine de décoration Sofadéco - Édition Mars-Avril 2011 - La botanique et vous - Nos « vedettes » en vedette!
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Sofadéco / Mars-Avril 2011



En feuilletant votre Sofadéco, vous découvrez une plante d’intérieur qui vous plaît particulièrement. Mais quel est donc son nom? Voici une chronique qui peut vous aider : nous parcourrons ensemble quelques pages du présent magazine et découvrirons cinq plantes d’intérieur dignes d’intérêt. Prêts pour le voyage?

Texte : Sylvie Laberge      


La calla
Le nom véritable de la magnifique calla est Zantedeschia aethiopica… Les dénominations communes, calla ou arum, sont beaucoup plus faciles à prononcer. L’attrait principal de cette plante tropicale est, bien sûr, sa floraison spectaculaire : une énorme spathe blanche engainant un spadice jaune or. Voilà une fleur qui attire l’œil! Cette plante rhizomateuse originaire d’Afrique du Sud croît normalement dans les marais, où l’eau stagnante et la température modérée font, pour elle, des merveilles. Du cœur de la plante émergent de longues tiges florales épaisses et robustes, qui s’élèvent au-dessus des organes de photosynthèse. La hauteur totale de la plante peut atteindre un mètre! Au Québec, une espèce indigène lui ressemblant énormément, la Calla des marais, est offerte en pépinière pour ceux qui veulent agrémenter des jardins d’eau. Vivace et indigène, elle survit de nom­breuses années si son environnement demeure adéquat. La calla d’appartement, cependant, exige un entretien très particulier. Il serait vain d’énumérer ici toutes les conditions à respecter pour assurer une excellente floraison durant toute l’année. Il suffit de savoir que, à l’instar de nos plantes bulbeuses vivaces, elle requiert un temps de repos qui peut s’étirer sur trois mois. Pendant cette période, elle perd généralement une bonne partie, parfois la totalité, de son feuillage et ne fleurit plus du tout. Comme le terreau doit s’assécher, il faut limiter, voire cesser, les arrosages. Par la suite, un retour vers la normale se fait graduellement grâce à un accroissement de l’humidité et de l’exposition à la lumière. Enfin, lorsque la pre­mière fleur s’épanouit, quel spectacle! Certains jardiniers d’intérieur ont aujourd’hui recours à un stratagème différent pour profiter en tout temps de cette fabuleuse élégance : ils utilisent des fleurs artificielles! Mais c’est un tout autre domaine!

Le dieffenbachia
Élégant et très populaire, le dieffenbachia croît souvent à une vitesse exubérante, et c’est très bien ainsi! Las de ces plantes capricieuses qui ne daignent s’allonger que de quelques malheureux centimètres chaque année, l’impatient jardinier d’intérieur jette maintenant son dévolu sur l’une des différentes variétés du dieffenbachia. Il sera rapidement récompensé. Originaire de l’Amérique tropicale, ce végétal développe de nouvelles feuilles l’année durant, lorsqu’il se trouve dans un environnement tempéré. Il peut atteindre plus de 1,5 mètre de hauteur dans les meilleures conditions. Contrairement à plusieurs plantes de grande taille, le dieffenbachia est facile à bouturer. Il suffit de couper les tiges devenues trop élevées et dépouillées de leur feuillage à la base, de les planter directement dans un terreau humide, puis de les conserver sous cloche de 4 à 6 semaines. On peut aussi, à partir de la tige principale, prélever des segments d’environ une dizaine de centimètres contenant au moins un bourgeon de feuille. On doit les déposer à la surface d’un mélange humide et les placer aussi sous cloche pendant la même période. Des racines apparaîtront et plongeront dans le mélange. Elles seront suivies de jeunes feuilles juteuses et d’un vert luisant. Mais attention! La beauté de cette plante ne vient pas sans effort! Il faut conserver une excellente humidité autour du plant afin de profiter pleinement de son véritable potentiel. De plus, sa sève est toxique pour les humains et les animaux. À placer hors de portée des enfants et de vos petites bêtes adorées!

L’anthurium
L’anthurium se plaît énormément en compagnie du dieffenbachia et du dracéna. Ensemble, ils sont comme les trois mousquetaires! Pourquoi? Vous l’aurez bien sûr compris, c’est une question de chaleur et d’humidité. Les nouvelles variétés d’anthuriums sont le résultat d’hybridations succes­sives. Les pépiniéristes les réalisent dans le but de marier les caractères les plus recherchés des parents : de larges feuilles, attrayantes et luisantes, ainsi qu’une floraison magnifique et durable. Pro­venant de la famille des Aracées, le genre Anthurium comprend une très grande variété d’espèces, jusqu’à 1000 selon certains auteurs. Alors que les biologistes du monde entier tentent de percer les mystères de cette famille très complexe, de nouvelles espèces sont décrites chaque année. Elles sont originaires, pour la très grande majorité, des forêts tropicales humides, bien que quelques-unes proviennent d’un environnement complètement différent : les sols semi-arides du nord du Mexique. Certaines variétés sont épiphytes, s’accrochant aux branches et à l’écorce des grands arbres, s’abreuvant à même le ruissellement provoqué par les très fortes pluies. Outre sa très grande beauté, on attribue à l’anthurium le pouvoir de purifier une atmosphère saturée d’ammoniac. Sa sève, à l’instar de celle du dieffenbachia, est toxique pour les humains et les animaux. La floraison de l’anthurium est spectaculaire : un spadice blanchâtre entouré d’une spathe de couleur vive, généralement rose ou rouge. Les replis de cette feuille hautement modifiée sont tellement réfléchissants qu’ils s’illuminent vivement lorsque la lumière les effleure. À contempler avec délectation!

Le dracéna
Excellent compagnon du dieffenbachia, le dracéna demande pratique­ment les mêmes soins : environnement tem­péré, grande humidité et éclairage vif. Il peut atteindre plus de 3 mètres de hauteur, étalant gracieusement sa houppe de minces feuilles arquées. Au tout début de sa croissance, cepen­dant, le dracéna a une tout autre allure : il n’a aucune tige apparente. Les jeunes feuilles sont directement attachées à la souche, qui ne croît pas en hauteur. Avec le temps, les feuilles de la base s’assèchent, puis tombent. Elles laissent une cicatrice parfaitement visible sur la tige naissante. Celle-ci se lignifie en surface, prenant du même coup une teinte grisâtre. Il est possible de déterminer l’âge approximatif d’un dracéna en comptant le nombre de cicatrices qu’il possède, si l’on connaît le taux de remplacement de son feuillage le plus âgé. Avis aux amateurs! La croissance de cette plante s’opère entièrement à partir de l’extrémité de la tige, là où de nouvelles feuilles apparaissent à un rythme relativement lent. Après plusieurs années, un rejet peut naître à la souche. Voici un bon moyen de multiplier cette plante d’appartement : lorsque les nouvelles pousses atteignent environ 15 centimètres, on peut les prélever et les placer dans un pot rempli d’un mélange terreux contenant beaucoup de sable. Il ne faut pas arroser le mélange pendant la période d’enracinement, qui peut durer jusqu’à 6 semaines. Plusieurs personnes choisissent de laisser le rejet avec son parent. Voilà une excellente décision! Le bouquet ainsi formé n’en sera que plus attrayant!

Le dracéna sanderiana
Le dracéna sanderiana porte plusieurs noms qui peuvent porter à confusion : bambou de la chance (bien que ce ne soit pas un bambou), canne chinoise (bien que ce ne soit ni une canne, ni un végétal d’origine chinoise) ou tout simplement plante de la paix (cette fois-ci, c’est bien une plante). Certes, ses longues tiges qui se dénudent lentement à partir de la base font penser au bambou typique, très haut, très vert, et portant de nombreuses cicatrices… Or, il s’agit en fait d’une espèce du genre Dracéna. Voilà de quoi déconcerter le jardinier de bonne foi! Le dracéna sanderiana est très populaire aujourd’hui, car c’est une espèce qui s’adapte particulièrement bien à toutes les conditions. Il est possible de la cul­tiver en pleine terre ou dans un mélange très poreux de sable et de petits cailloux. Certains la conservent simplement dans l’eau pendant une très longue période. Il est possible de manipuler sa tige pour en faire des cercles ou des tire-bouchons. En effet, les pépiniéristes arrivent à diriger la croissance d’un individu en le forçant à s’enrouler autour d’un tuteur de forme plus ou moins ronde et de longueur variable. Les différents segments de la tige sont attachés au tuteur au fur et à mesure de son allongement. Ainsi, les tissus de la plante durcissent en adoptant leur nouvelle forme. Cette dernière sera conservée durant toute la vie du sujet, pendant que les parties plus jeunes n’ayant subi aucun forçage se développeront normalement. Un passe-temps de longue haleine!