Magazine de décoration Sofadéco - Édition Octobre 2010 - Parlons techno - Les câbles : le maillon chantant !
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Sofadéco / Octobre 2010



Les câbles sont à la base de nombreux débats, à savoir s’ils influent vraiment sur la qualité sonore et visuelle. Pour comprendre ce qu’est réellement un câble, au-delà de son apparence, et sa réelle utilité en sonorisation, il faut tout d’abord connaître certaines caractéristiques parfois très techniques, mais primordiales de cet accessoire. Au préalable, voici les principaux critères de reproduction musicale.

Texte : Christian Lafleur      


BALANCE TONALE
De l’équilibre parfait des tonalités et des harmoniques découle une reproduction fidèle et agréable des instruments.

PLAGE DYNAMIQUE
L’impact émotionnel provoqué par l’écoute de musique relève directement de la capacité de la chaîne à reproduire fidèlement chacune des subtilités de son interprétation.

IMAGE STÉRÉOPHONIQUE
Une reproduction subtile et précise des propriétés acoustiques du lieu d’enregistrement amène l’auditeur à vivre la représentation comme s’il s’y trouvait.

Grâce à une balance tonale, à une plage dynamique et à une image stéréophonique, on peut vivre une expérience émotive exceptionnelle.

Les fondements de la musique
La plupart des câbles audio tendent à perdre le caractère riche et chaleureux de la musique. Les propriétés électriques des câbles audio traditionnels favorisent principalement la transmission de fréquences très élevées. Généralement, les câbles audio sont peu performants sur le plan de la transmission de signaux de basses fréquences.

Plusieurs entreprises dédiées à la conception et à la fabrication de câbles évolués modifient à leur manière les propriétés électriques des fils, soit par l’ajout de modules de filtration et de correction montés directement sur le câble, soit par l’utilisation de techniques d’assemblage visant à effectuer mécaniquement la correction de certaines lacunes. Peu importe la méthode employée, il n’en demeure pas moins que le but ultime est de reproduire le son des instruments le plus fidèlement possible.

L’important, c’est de comprendre que des matériaux différents présentent des propriétés physiques différentes. Une analogie simple permet de mieux comprendre. Par exemple, si on plonge à moitié un bâton dans l’eau, on remarque qu’il semble plié ou cassé où se rencontrent l’air et l’eau. Pourtant, il est droit. Ce qui provoque cet effet, c’est justement le fait que l’air et l’eau ne possèdent pas les mêmes propriétés optiques, déformant par la même occasion la réalité. Le même phénomène se produit avec des câbles.

On détermine les principales caractéristiques d’un câble par sa longueur, les matériaux utilisés et son blindage. Dans les faits, deux câbles identiques, mais de longueur différente ne reproduiront pas la même qualité sonore. On peut donc déduire que des câbles constitués d’enveloppes isolantes et de matériaux différents donneront aussi des résultats différents. Voici les principales étapes du processus de fabrication de câbles haut de gamme.

La conception et l’influence des procédés de fabrication
La plupart des câbles audio ne sont que de simples fils, possédant des terminaisons aux extrémités. Les câbles vendus à bas prix dans les magasins à grande surface ne sont conçus selon aucune technologie particulière. Ils ne sont en fait que de vulgaires câbles constitués de filaments de cuivre et recouverts d’une gaine caoutchoutée.

Nombre d’entreprises spécialisées dans la conception et la vente de câbles haut de gamme effectuent une compensation précise des propriétés électriques variables des fils, en fonction de leur longueur. Cette technique permet d’apprécier le même niveau de réalisme de la reproduction, quelle que soit la longueur des câbles. Certains utilisent des modules de filtration et de correction des propriétés électriques de manière à obtenir une courbe de transmission de signal parfaite. D’autres optent pour diverses techniques; par exemple, ils ont recours à une certaine quantité de filaments d’une certaine grosseur, en combinaison avec d’autres filaments plus gros, habituellement destinés à favoriser la reproduction des basses. Plusieurs techniques existent et elles présentent toutes des qualités impressionnantes lorsqu’elles sont soigneusement appliquées.

Certaines entreprises prônent les fils torsadés ou croisés alors que d’autres privilégient l’utilisation de plusieurs types de brins de cuivre de diamètre différent afin de neutraliser l’impact de la résistance et de la capacitance des câbles. En termes simples, cela signifie que toutes les entreprises spécialisées dans la conception et la fabrication de câbles poursuivent les mêmes objectifs, mais de manière différente. La technique de croisement de paires influe sur le signal qui la parcourt. Bien qu’il existe d’autres techniques tout aussi efficaces, il est impensable de s’attarder à chacune d’entre elles ici. Nous nous consacrerons donc seulement à celle-ci à titre d’exemple.

La technique de croisement de paires permet d’accroître les performances de reproduction musicale. La proximité des conducteurs positif et négatif crée un champ magnétique qui agit à titre de blindage, neutralisant ainsi tous les parasites électriques indésirables. Les cordons de remplissage insérés entre les différents conducteurs servent à maintenir la proximité des conducteurs de manière uniforme sur toute la longueur du câble, alors que l’intervalle de torsion influe sur les propriétés électriques de façon importante. C’est au terme d’une mesure précise des propriétés électriques des câbles que les compagnies créent des produits qui les rendent uniques. Une conception précise de modules de compensation de certains câbles est déterminante pour satisfaire les critères d’écoute établis sur le plan de la balance tonale, de la plage dynamique et de l’image stéréophonique.

On établit généralement la structure interne des câbles à la suite de nombreuses évaluations et séances d’écoute. Les recherches permettent d’obtenir un équilibre parfait entre la taille, la quantité et la proximité des maté-riaux de conduction et d’établir, par la même occasion, le schéma interne à utiliser. En y ajoutant des matériaux d’isolation solides, en combinaison avec l’air, les constructeurs mettent la touche finale au câble. Certains y vont d’une conception caractérisée par la présence d’un noyau d’air central, un isolant naturel qui agit aussi sur la densité du flux magnétique. Les caractéristiques que l’on retrouve généralement chez la plupart des fabricants de câbles de haute qualité sont les suivantes : une enve-loppe externe moulée sous pression, des cordons de remplissage en téflon antirésonnants et des enveloppes diélectriques (enveloppes isolantes dans lesquelles passent les filaments de cuivre), moulées sous pression également. L’introduction de cordons de remplissage antirésonnants ainsi que leur emplacement stratégique à l’intérieur de la gaine constituent des éléments clés dans la lutte contre les résonnances mécaniques. Finalement, des fiches de terminaison fabriquées sur mesure et des techniques d’assemblage rigoureuses permettent également de prévenir l’infiltration de parasites.

Les câbles et l’effet d’« antenne »
Les câbles sans module spécialement conçu ou sans isolants agissent comme des antennes. Ces câbles favorisent par surcroît le transport des très hautes fréquences (bruits ou parasites) plus efficacement que les signaux audibles que l’on retrouve dans la musique (20 Hz à 20 kHz). L’interférence du bruit réduit la capacité du câble à transmettre des signaux audio avec richesse, dynamisme et musicalité, privant ainsi l’auditeur de la sonorité naturelle des instruments. Chargés de bruits et de parasites, les câbles ont une sonorité claire, voire stridente et synthétique. Les câbles dotés d’une technologie évoluée de correction et de filtration éliminent l’effet d’« antenne », favorisant ainsi la transmission des fréquences audibles avec douceur et précision. Ils contribuent grandement à faire vivre à l’auditeur l’émotion musicale avec plus de naturel et de dynamisme. Un câble standard affiche une bande passante illimitée, devenant ainsi une cible de choix pour tous les parasites indésirables. Les ultra-hautes fréquences de parasites sollicitent la chaîne stéréophonique au même titre que les fréquences désirables. Elles nuisent grandement à la qualité de la chaîne en limitant son habileté à révéler les subtilités des harmoniques, des timbres et des basses fréquences.

Généralement, le module est un filtre correcteur passe-bas – c’est-à-dire qui laisse passer toutes les fréquences inférieures à une fréquence déterminée. Il élimine progressivement les parasites indésirables à partir d’environ 300 000 Hz. À mi-chemin de l’échelle des fréquences disponibles, par exemple, un module a déjà effectué une diminution du bruit de l’ordre de 50 %, soit environ -3 dB, et il poursuit son élimination progressive. La réduction, voire l’élimination, complète des ultra-hautes fréquences de bruit libère une chaîne pour permettre à l’auditeur de vivre l’émotion musicale, comme s’il assistait au concert.

Les câbles numériques
Lequel de ces câbles offre la meilleure qualité d’image? Un câble HDMI de 18 m haut de gamme ou un câble HDMI traditionnel de 2 m? Le modèle haut de gamme remporte la palme avec plusieurs longueurs d’avance. Pourquoi?

Les câbles haut de gamme utilisent un conducteur central plus imposant. Cette particularité permet aux câbles d’avoir une plus faible résistance, quelle que soit leur longueur. Le rapport signal-bruit est du même coup grandement amélioré. Par ailleurs, un conducteur central plus gros offre une surface de contact plus grande et, ainsi, une plus grande habileté à transporter de fins signaux d’ultra-hautes fréquences. Les câbles numériques de qualité supérieure pour audio et vidéo contribuent à maintenir un grand niveau de performance même lorsqu’ils sont utilisés sur de grandes distances.

La balance de l’impédance du signal numérique
Préserver une impédance uniforme sur toute la longueur du signal numérique est primordial. Une impédance débalancée amène la réflexion d’une partie du signal par l’appareil de destination, causant ainsi des parasites et souvent des coupures du signal. Reprenons l’exemple de l’eau et de l’air. Si l’on se contente de regarder le bâton à travers un aquarium, on notera une déformation de l’image. Celle-ci n’est pas causée par un mouvement ou un courant dans l’eau, mais plutôt par le fait que les propriétés de transmission de la lumière sont différentes pour l’air et pour l’eau. Un débalancement de l’impédance d’un câble provoque la même déformation des signaux. Lorsqu’on assiste à un concert, on perçoit les notes des instruments de musique à travers l’air. Donc, il faut effectuer un travail minutieux pour se rapprocher de cette reproduction, entendue à travers les composantes d’une chaîne stéréophonique qui, de toute évidence, présente des propriétés acoustiques différentes de l’air.

En sonorisation, l’impact d’un câble de raccordement entre deux appareils ou de câbles d’enceintes est non seulement bien réel, mais en plus cet accessoire relève d’une technologie très complexe. Or, quand faut-il s’arrêter et jusqu’où faut-il aller? En somme, la valeur totale des câbles devrait représenter en moyenne 25 % de celle des appareils sur lesquels ils sont branchés. Toutefois, il n’y a pas de règle de calcul officielle.

Vos oreilles sont les seules juges. Un câble plus cher n’est pas forcément celui qui vous plaira le plus. Il n’en demeure pas moins que le câble n’est qu’un maillon de la chaîne. L’important, c’est que cette chaîne vous accroche à votre siège.