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Marie-Claude Demers, sculpteure : le bonheur coulé dans le bronze!






Les œuvres de Marie-Claude Demers lui ressemblent, elles sont empreintes d’humour et de tendresse. Au téléphone, je sens sa joie de vivre dans sa voix lorsqu’elle me dit que, grâce à son métier, le bonheur est devant elle quand elle commence sa journée. Un plaisir qu’elle a d’ailleurs commencé à partager très tôt en exposant ses dessins dès l’âge de 10 ans…

Ce sont ses parents qui avaient alors fait encadrer ses dessins et organisé une exposition dans un café-bistro de Drummondville. Marie-Claude Demers participait déjà à tous les concours de dessins, remportant souvent des prix. « À mes anniversaires, je demandais toujours des crayons Prismacolor et de la pâte à modeler », se souvient-elle.

Pourtant, à l’université, elle s’est dirigée en psychologie. « Si je m’étais écoutée, j’aurais étudié en art, mais personne dans mon entourage ne gagnait sa vie là-dedans », explique-t-elle. Elle a obtenu son baccalauréat en psycho, mais n’a finalement jamais pratiqué, se tournant vers la création immédiatement après l’université.

Le passage du temps
Du dessin et de la peinture, elle est passée à la sculpture il y a une dizaine d’années. Lorsqu’elle a déménagé à Inverness, la Mecque du bronze au Québec, ce matériau s’est imposé. « Avec le bronze, j’ai l’impression de pouvoir laisser une trace de mon passage dans le temps », confie l’artiste autodidacte.

Illustrant entre autres des livres pour enfants, elle explore en peinture le monde de l’enfance avec un art naïf plein de petits bonheurs. Une piste qu’elle poursuit en sculpture, même si, avec les années, son travail touche de plus près le réalisme. « Je m’amuse avec ces deux facettes, le fantaisiste et le réaliste. J’aime me laisser aller avec quelque chose de ludique qui me donne le goût de rire tout au long que je le fais, continue-t-elle. Après, je retombe dans des œuvres plus classiques et plus intemporelles parce que le bronze, ça dure des siècles… On en trouve encore de la Grèce antique! »

Chaque œuvre de Marie-Claude est unique. Il y a des séries, mais il y a toujours des différences d’une pièce à l’autre. « Je fais mes sculptures en argile, puis je les amène à l’Atelier du Bronze. Je les retravaille à l’étape de la cire pour faire corriger les joints, le
visage, etc. Parfois, il faut refaire une oreille ou autre chose, un travail minutieux que je fais avec des instruments de dentiste. Ensuite, il y a encore une dizaine de personnes de l’atelier qui touchent aux diffé-rentes étapes de transformation du bronze! Il est donc impossible d’obtenir deux sculptures exactement identiques, même si on réutilise le moule fabriqué à partir de la sculpture d’origine en argile », explique Marie-Claude.

Si le travail de création est solitaire, il y a toute une équipe qui œuvre par la suite pour réaliser un bronze. D’ailleurs, heureusement que la fonderie l’Atelier du Bronze est là : les étapes de transformation durent au minimum trois mois et demi avant qu’on en arrive au résultat final en bronze. Si Marie-Claude devait faire tout ce travail seule, peu de sculptures verraient le jour… Elle se réserve donc uniquement la partie créative.

La Porteuse de bonheurs
Actuellement, Marie-Claude mijote une grande œuvre de près de deux mètres : La Porteuse de bonheurs. « Avec mes bronzes, je laisse une trace de moi-même mais, le client qui investit, que lui reste-t-il de personnel à travers le temps avec la pièce qu’il achète? J’ai donc décidé que La Porteuse de bonheurs porterait les bonheurs de l’acheteur », s’enthousiasme l’artiste.

La Porteuse aura donc une grande robe assez simple avec quatre rubans. Quand un client s’en portera acquéreur, Marie-Claude lui fera dresser une liste des plus grands bonheurs de sa vie et les gravera sur les rubans. « Ainsi, La Porteuse de bonheurs portera les bonheurs du client. Je vais même garder un ruban intact pour y inscrire les bonheurs à venir dans les 20 ou 30 prochaines années : les noms, les événements, les dates… », poursuit-elle.

La Porteuse de bonheurs pourra aussi être réalisée en plus petit format (30 cm), plus accessible et également personnalisable. En fait, toutes les œuvres de Marie-Claude peuvent porter une trace de l’acquéreur sur commande. Et toutes peuvent être porteuses de bonheurs : difficile d’être de mauvaise humeur quand on tombe face à face chaque matin avec la bouille sympathique d’un Sancho Pança le fidèle compagnon de Don Quichotte!

« Mon travail, c’est d’arriver à séduire le public... de le séduire par son point faible, qui est le bonheur. Je suis un peu une marchande de bonheurs; je veux faire sourire », conclut Marie-Claude.

Non seulement cette artiste partage son bonheur, mais elle le partage pour l’éternité.

www.verrebronze.com

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