Rolande Masse, au coin du vitrail : patience et longueur de temps






Aucun doute : Rolande Masse appartient à la précieuse catégorie des êtres appliqués, minutieux, qui ne rechignent pas à investir quelques minutes de plus dans une tâche si cet extra leur permet de s’approcher de la perfection. Des qualités rares, mais qui s’avèrent plus que nécessaires pour réaliser ce que la dame de Joliette fait le mieux : des créations en vitrail.

On l’imagine sans peine penchée sur sa table de travail, son coupe-verre à la main, entourée de sa sableuse, de ses pinces, de son fer à souder et de ses bouteilles de nettoyant, taillant des pièces aux couleurs flamboyantes qui, une fois assemblées, formeront une pimpante mosaïque, un oiseau ou une fleur. On se la représente mettant tout son talent et sa patience au service des désirs de ses clients, qui sont de plus en plus nombreux à lui passer des commandes, attirés par les bons mots des uns, par les recommandations des autres. « Beaucoup de gens me disent que mon travail est parfait, qu’ils aiment beaucoup ce que je fais. Je ne veux pas me vanter mais, c’est vrai, il y en a qui disent ça... », confie-t-elle avec un rire presque gêné, comme si elle avait honte d’avouer que ses créations plaisent.

Son souci du détail et son extrême application y sont sans conteste pour quelque chose. C’est que Rolande Masse n’est pas du genre à tourner les coins ronds pour gagner du temps. « Le vitrail requiert beaucoup de patience et de minutie, explique-t-elle. Et je suis perfectionniste : je veux que ce soit beau, voire parfait. Quand un morceau est censé être carré, je veux qu’il soit vraiment carré. »

L’expérience pèse aussi forcément dans la balance : voilà presque 30 ans que Mme Masse agence de petits morceaux de verre pour en faire des œuvres colorées. Et dire que son histoire d’amour avec le vitrail a commencé par un simple cours entre amies... « À l’époque, j’essayais plein de cours avec mes deux voisines. Quand on a commencé le cours de vitrail, on est tombées amoureuses de cet art. Puis, l’endroit où on suivait le cours a fermé ses portes. Je ne voulais pas abandonner le vitrail, je trouvais ça trop beau! J’ai donc ouvert mon commerce deux ans plus tard », raconte-t-elle. Elle s’avoue d’ailleurs la première surprise du succès de son projet : « Je ne pensais pas en faire mon métier, mais j’ai essayé. Je suis partie avec peu de moyens, puis ça a monté doucement, et aujourd’hui ça fonctionne bien. » À preuve : les clients sont nombreux à pousser la porte de son atelier-boutique.

À sa boutique, l’offre de créations décoratives issues d’une technique millénaire se décline en une variété impressionnante d’objets qui nous font vite oublier les classiques vitraux d’église : lampes, jardinières, horloges, corbeilles à papier, vitraux de porte. Mme Masse a même déjà conçu un village de Noël en vitrail, de quoi apporter une touche d’originalité bienvenue au pied du sapin. Sa plus grosse pièce fut cependant une hotte de foyer de 6 pi de long sur 5 pi de large! « Ça m’avait pris quelques mois de travail », se remémore-t-elle. Qui en douterait?

En continuité avec une tradition qui prône la finesse, l’artisane du vitrail a adopté la méthode Tiffany. Les morceaux de verre de ses créations sont donc assemblés à l’aide de rubans de cuivre plutôt qu’à l’aide de baguettes de plomb. « Les soudures sont plus délicates avec les rubans de cuivre, c’est moins “gros” comme travail. Le plomb, c’est plus vite fait, mais je préfère le cuivre, même si ça demande plus d’attention et de temps. Le résultat est plus beau, je trouve », confie-t-elle. Perfectionniste et minutieuse, disait-on...

Au coin du vitrail
329, rue Saint-Charles-Borromée Nord, Joliette
450 759-7811

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