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Éric Tardif, sculpteur : L’oiseau fait son nid

Éric Tardif, sculpteur





Tout en discutant avec moi, Éric Tardif observe les oiseaux dans la cour de sa demeure en Outaouais. Fasciné par eux, il a d’abord été guide naturaliste à la Réserve nationale de faune du cap Tourmente avant de les immortaliser dans le bois. Il sculpte aujourd’hui leurs ailes de manière stylisée dans les essences nobles de nos forêts. Parcours d’une œuvre à vol d’oiseau…

Technicien en aménagement de la faune, Éric Tardif ne soupçonne pas qu’une couvée sommeille en lui lorsqu’il parle des oiseaux aux visiteurs du cap Tourmente. Par contre, il s’aperçoit assez rapidement qu’il n’a pas la même vision que ses collègues. Il voit des choses que les autres ne perçoivent pas, ou qu’ils perçoivent différemment. « Déjà dans mon cours en aménagement de la faune, j’étais créatif », se souvient Éric.

Ce point de vue particulier, Éric décide de l’explorer par le biais de la photographie. Il s’inscrit donc au Cégep de Matane pour en maîtriser la technique. À sa sortie, il gagne même quelques concours. « Ça m’a donné confiance », affirme-t-il aujourd’hui. À force de faire des photos et des expositions, il se met à fabriquer lui-même les cadres pour ses œuvres, ce qui l’amène à travailler le bois. C’est le coup de foudre avec cette matière.

Une envolée de bois
« Quand j’ai commencé à travailler le bois, je n’ai plus voulu m’arrêter, raconte Éric. Je me suis mis à chercher un cours d’ébénisterie, mais j’ai trouvé l’École de sculpture de Québec… » Il y apprend d’abord les techniques de base durant l’année que dure le cours. Puis, coup de chance, l’école doit se restructurer et les locaux sont libres et accessibles. Il peut y travailler à son rythme avec le soutien de professeurs. C’est à ce moment qu’il découvre le bois lamellé-collé. Coupé en lamelles et chauffé à la vapeur, le bois prend des formes et des courbes qui, sous le regard d’Éric, portent déjà l’empreinte des ailes d’oiseaux.

De l’empreinte à la bête, notre sculpteur doit par contre mener toute une quête pour faire éclore son talent. « J’ai 15 étapes de travail différentes de la latte au produit final », confirme Éric. Et tout commence par le choix de l’essence. « J’utilise du bois naturel, sans teinture : cerisier, noyer, chêne, frêne, érable canadien, orme… Ça prend du bois franc de l’Amérique du Nord; le bois du sud ne se plie pas parce que la fibre est trop petite, explique Éric. Ici, avec nos saisons, le bois travaille d’une telle manière que les cellules sont plus grosses. Je peux donc le plier parce qu’il y a du jeu dedans. »

« Du jeu dans le bois », l’expression est des plus appropriées lorsque l’on voit ce qu’Éric en fait. En effet, il « joue » avec les courbes pour donner des ailes à son imaginaire. « Lorsque je commence une sculpture, j’ai déjà une bonne idée de ce que je vais faire, mais le bois me réserve parfois des surprises… » Pas étonnant que chaque pièce soit unique.

Changement d’habitat
Dès le départ, Éric a cherché à créer des œuvres différentes et a réinventé l’oiseau sculptural traditionnel. Aujourd’hui, certains de ses oiseaux ont même changé d’habitat : « Je mélange plusieurs techniques pour faire des pièces murales. Ainsi, mes oiseaux sont dans un "décor" créé à partir des techniques japonaises de déchirage et de collage de papier. » L’artiste s’est aussi mis à l’art abstrait pictural. « Mais mon travail n’est pas encore tout à fait peaufiné et je suis toujours en recherche personnelle », précise-t-il.

Si ses tableaux prennent la même route que ses sculptures, ils pourraient bientôt migrer vers d’autres cieux : des oiseaux d’Éric ont déjà fait leurs nids aussi loin qu’en Californie, en Suisse et en Australie. En galerie, vous les trouverez non seulement au Québec, mais aussi à Vancouver, Cape Cod et Boston.

Site Internet : www.erictardif.com

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