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Émilie Desmeules, créations textiles : À pas feutrés

Émilie Desmeules





D’abord attirée par les arts visuels, Émilie Desmeules a quitté son Lac-Saint-Jean pour Montréal, là où elle a découvert le Centre des textiles contemporains. La fibre artisane en elle s’est alors mise à vibrer pour les matières ainsi que les couleurs des tissus. Elle peut désormais appliquer ses couleurs sur une toile qu’elle fabrique elle-même… Avançons à pas feutrés dans son univers.

Quelques années après sa formation au Centre des textiles, Émilie Desmeules est retournée à Saint-Gédéon, près d’Alma au Lac-Saint-Jean. C’est dans cet environnement qu’elle puise son inspiration. « Je suis une fille de la nature… Je me promène dans le bois et j’observe les paysages, les couleurs. Les végétaux, les nervures des feuilles ou les pétales d’une fleur, m’inspirent. Une branche contrastant avec un ciel bleu peut m’inspirer un motif de broderie », explique-t-elle.

Émilie est aussi inspirée par les voyages : « Je prends des photos et je ramène des tissus et des objets qui m’allument pour les couleurs ou les formes. Je peux m’inspirer d’un céramiste ou d’un ébéniste… » Cependant, elle n’a toujours pas séjourné en Mongolie, le pays qui aurait vu naître la principale technique qu’elle utilise : le feutrage. « La légende veut qu’Attila, chef des Huns, en soit à l’origine. Avant de partir chevaucher dans les plaines, il avait placé sous sa selle un ballot de laine. Quelques heures plus tard, il récupéra, aplatie, une pièce de tissu lainé. Avec les frottements et la pression exercée par la selle et le cavalier, un feutre était né! » rapporte Émilie sur son site Internet.

Mais si les Mongols fabriquent de grandes yourtes et d’épais tapis en feutre, Émilie travaille tout en finesse.

Crayon feutre
Le feutre est une étoffe confectionnée principalement à base de fibres animales, comme la laine de mouton. Avec un microscope, on constate que la surface de la laine est composée de petites écailles. Sous l’effet de la chaleur, de l’humidité et du frottement, ces écailles se redressent et s’entremêlent, s’agrippant les unes aux autres pour former le feutre. Pour fabriquer son feutre, Émilie utilise la laine mérinos. « C’est la plus douce, dit-elle. Pour des foulards, des vestes, des coussins ou des jetées, des objets qui sont souvent en contact avec la peau, c’est plus agréable. »

Pour les motifs intégrés au feutre, Émilie compare sa technique à la peinture : « Je choisis les couleurs et je les place comme je le veux. Ce n’est pas du dessin comme tel, mais je peux faire des motifs. Appliquer la laine de couleur qui fera le motif demande du temps, mais c’est une technique assez précise, même s’il y a parfois des surprises parce que la laine bouge lorsqu’on la frotte pour fabriquer le feutre. Si je veux davantage de précision dans le dessin, j’utilise d’autres techniques. »

Émilie mélange parfois d’autres matières à son feutre, selon une technique appelée « nunofelt ». Originaire du Japon, cette technique de feutrage millénaire est effectuée à partir d’un canevas de coton, de lin ou de soie. Pendant le feutrage, la laine passe à travers la fibre du canevas. « Ça permet de créer des zones de transparence, de faire des formes là où c’est la soie que l’on voit, où il n’y a pas de feutre », explique Émilie.

La broderie
Émilie travaille aussi la broderie pour créer ses pièces. Elle utilise deux techniques, la broderie machine et la broderie libre. Pour la première, Émilie fait d’abord un dessin qui est ensuite transféré par ordinateur au tissu. C’est un peu comme une imprimante à broder…

La broderie libre se réalise avec une machine à coudre ordinaire. « L’aiguille devient comme un crayon. Je déplace le tissu sous l’aiguille pour créer des lignes. J’utilise cette technique surtout pour ma collection de vêtements prêt-à-porter », affirme-t-elle. Ces vêtements sont entièrement conçus à l’atelier d’Émilie, qui engage une couturière à plein temps et jusqu’à huit autres personnes pour la conception aux « heures de pointe » … sans oublier sa mère qui lui donne un précieux coup de main.

Renouvelée deux fois par année, la collection de vêtements d’Émilie se trouve dans plusieurs boutiques au Québec, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse (voir le site Internet ou téléphoner pour connaître les points de vente). Par contre, pour les accessoires de décoration (jetées, coussins et couvre-lits), Émilie crée du sur mesure . Et même si elle n’en a encore jamais faites, j’imagine bien des draperies en feutre pour les fenêtres. Avec des rideaux transparents en soie, ce pourrait être magnifique et donner à la pièce un bel air feutré…

Site Internet
www.emiliedesmeules.com

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