Johanne Hamel : artiste du verre

Johanne Hamel : artiste du verre.
Assiettes gastronomiques (12 po) conçues spécialement pour le chef Frégbi du restaurant Au 51 à Baie-Saint-Paul.
Série Feuille, coupe à fruits (10 po) inspirée par le plaisir de voir naître la végétation (déclinée en plusieurs coloris).
Assiette à hors d'œuvre (6 po sur 10 po)... dans la foulée de la fièvre du printemps.
Oméga 3 , plat de service (12 po) et assiettes (8 po) en verre incolore avec inclusions de cuivre et d'aluminium.





Tôt le matin, lorsque la ville se réveille tranquillement, Johanne Hamel a pour habitude d’observer la beauté de son décor quotidien, tasse de café à la main. Assise sur son balcon, elle voit alors le vert qui se décline en plusieurs teintes, les fleurs de ses balconnières qui se trémoussent au gré de la brise. Après un printemps tardif, c’est maintenant l’été qui s’offre à elle. Elle s’en inspire avec avidité, le gribouille dans son calepin. Le verre qu’elle fusionnera bientôt sera de la belle saison.

Dans son atelier, au deuxième étage du hangar situé derrière chez elle dans la 10e rue à Limoilou, elle travaille en ce moment le verre fusion. Plus précisément, elle travaille à la création d’assiettes gastronomiques d’où semblent surgir des herbes folles. « C’est une commande du chef du restaurant Au 51 à Baie-Saint-Paul. J’aime bien faire ce genre de collection. Une fois qu’elle est créée, cela devient un travail manuel très relaxant. Je laisse travailler mon corps pendant que mon esprit s’évade », explique-t-elle. C’est aussi elle qui signera, au cours des deux prochaines années, les cadeaux offerts aux donateurs de la Faculté de médecine de l’Université Laval.

Sa passion pour le verre débute en 1993. Elle s’initie alors au vitrail : « Malgré bien des efforts pour faire un métier sérieux à la suite de mes formations en graphisme et en génie civil, j’ai finalement succombé à l’appel de la création. » Ayant déjà un sens artistique très développé, elle suit un cours théorique de quelques heures qui lui donne l’élan nécessaire pour réaliser ses propres créations, qu’elle conçoit au départ avec « les moyens du bord », c’est-à-dire en utilisant du verre de quincaillerie.

En 1998, elle suit son copain et s’envole pour l’Europe, où elle séjournera pendant quatre ans. Le goût certain des Français pour le travail des artistes et des artisans l’amène à travailler avec rigueur, savoir-faire et sensibilité. Elle revient à Québec transformée : « Cela m’a appris à voir et à ressentir autrement. Ça allume quelque chose, de partir à l’étranger. On ne voit plus les choses de la même façon. » Dès lors, le vitrail est pour elle prétexte à rencontrer des gens, qui lui commandent des vitraux sur mesure.

Ce n’est qu’en 2004 qu’elle découvre enfin le verre au four, plus fluide et plus malléable que le vitrail. Une mine de possibilités s’offre alors à elle. Elle peut maintenant traiter le verre de façon plastique. Assiette, sous-verre et plateau à fromage prennent tout à coup forme dans son esprit. Ses créations reflètent la beauté du quotidien. Voilà que Johanne Hamel, une réelle optimiste, peut s’exprimer abondamment.

Aujourd’hui, elle oscille de belle façon entre le vitrail et le verre fusion, faisant tantôt plaisir aux uns, tantôt aux autres. Elle ne se lasse jamais d’apprendre à travailler son matériau de prédilection, qu’elle traite chaque fois avec davantage de raffinement. Le verre est devenu pour elle un véritable métier.

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