Jérôme Drouin en quête de simplicité






NÂ’y cherchez pas de significations particulières ou ésotériques : les toiles de Jérôme Drouin sont belles, tout naturellement!

Le gaillard est un citoyen urbain, un homme dÂ’affaires attaché à son travail. Il nÂ’est surtout pas le portrait typique des artistes « daliesques » : chapeau melon, canne à pommeau et moustache en pointe! Ses parents, entrepreneurs aguerris, lui ont servi de modèles et aujourdÂ’hui, Jérôme poursuit leur travail avec enthousiasme. Pour le moment, donc, lÂ’art passe au second rang. Pas par désintérêt ou lassitude, mais par manque de temps. Les charges quotidiennes sont lourdes et les soirées trop courtes. Cependant, quand il sÂ’y met, il est difficile de lÂ’arrêter!

CÂ’est dans un garage converti en atelier que Jérôme crée. Il sÂ’agit dÂ’un grand pas en avant, puisqu’à ses débuts, il utilisait la table de cuisine comme chevalet. Des cartons éparpillés ici et là ne suffisaient pas à contenir tous ses élans. « Souvent, à la fin, je donne de grands coups, et pas mal de peinture se ramassait partout! » explique-t-il en riant. Les murs et le plancher de son local actuel sont eux aussi complètement recouverts de taches colorées, à tel point quÂ’il devra tout repeindre en blanc avant de le céder! « Peut-être pourras-tu signer en bas du mur et le vendre très cher! » dis-je, un sourire en coin, provoquant un grand rire de sa part. CÂ’est que Jérôme, tout en adorant peindre, nÂ’aspire pas à sÂ’enfermer trop longtempsÂ…

Un pas en avant, un pas en arrière!
CÂ’est un drôle de parcours que celui du jeune artiste. Déjà attiré par la peinture vers l’âge de 10 ans, il a suivi des cours dÂ’acrylique avec sa mère. Un professeur venait à la maison leur apprendre les techniques de base. Comme la majorité des adolescents, il sÂ’est détourné de sa passion de jeunesse et y est revenu au début de l’âge adulte. « Vers 19 ans, jÂ’ai recommencé, jÂ’ai fait toutes sortes dÂ’essais, mais ça ne marchait pas vraiment », se souvient-il. CÂ’est près de deux ans plus tard quÂ’il réussit enfin à développer une technique qui lui est propre. Le choix de lÂ’art abstrait sÂ’est fait naturellement. « Après tout, reproduire un paysage ou un visage, cÂ’est comme recopier un texte », explique-t-il en imageant son propos. Diplômé du baccalauréat en intervention sportive de lÂ’Université Laval, il nÂ’a fait quÂ’effleurer le milieu en tant quÂ’entraîneur de football en milieu scolaire. Il songe tout de même à intégrer son métier à ses autres occupations afin de conserver de la diversité dans sa vie professionnelle!

La plupart du temps, Jérôme nÂ’a pas dÂ’idée bien précise de ce quÂ’il créera. Il prépare lui-même ses cadres, les fabriquant de toutes pièces. « Pour avoir des formats complètement fous! » lance-t-il. Partant dÂ’une toile toute blanche, il réalise dÂ’abord un fond. Après une courte période de séchage, il sÂ’active. Le mélange de rouge, de noir, de blanc et de gris lui plaît particulièrement. Le rouge est une couleur qui sÂ’impose à lÂ’Âœil rapidement. Sur ses très grands formats, le jeune homme lÂ’applique avec énergie mais sans exagération. Un dosage pas toujours facile à effectuer. Pourtant, Jérôme préfère créer à partir de rien et laisser son instinct faire le reste. Il peint sur de très grandes toiles afin de pouvoir utiliser les pinceaux à leur maximum, faire de gros traits, se laisser aller, tout simplement. Réaliser une toile peut prendre une seule journée ou plusieurs. Les petits formats : très peu pour lui. « Ils passent inaperçus la plupart du temps », convient-il. Et laissent beaucoup moins de place aux élans vigoureux!

L’avenir n’est pas écrit!
Après un court passage dans une galerie dÂ’art, Jérôme se penche sur dÂ’autres avenues. Il a déjà réalisé une toile immense qui trône dans le hall dÂ’entrée de lÂ’immeuble où il habite. Quelques autres commerces possèdent également ses Âœuvres, exposées dans leurs locaux. Des amis, des parents, des inconnus ont aussi mis la main sur lÂ’une ou lÂ’autre de ses créations. « Ça ne me dérangerait pas d’étendre un peu mon champ dÂ’action », raconte-t-il pensivement. Montréal, avec ses restos branchés et modernes, lÂ’intéresse particulièrement. Pourtant, il ne faut pas croire que Jérôme se languit de défoncer à tout prix ce plafond de verre qui flotte au-dessus de la tête de chacun des artistes émergents du Québec. « Ça se fera au fur et à mesure », termine-t-il sans amertume. Après tout, pour lui, la vie ne se résume pas à mettre son nom au bas dÂ’une toile!

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