Pierre-Étienne Pilon veut donner l'heure juste au Québec!






Dans sa voix, une énergie palpable, un enthousiasme communicatif. Pierre-Étienne est un passionné du travail bien fait mais, surtout, du travail d’ici, pensé par les gens d’ici pour les gens d’ici. Ses horloges et lampes décoratives en bois sont de véritables œuvres d’art, mais l’artiste veut qu’elles soient plus que cela : il veut qu’elles soient des messagères du savoir-faire de chez nous.

Aujourd’hui, c’est dans son atelier, « coincé » entre le lac Saint-Louis et le fleuve Saint-Laurent, que Pierre-Étienne se sent le mieux. Pourtant, le jeune homme ne s’est pas retrouvé là simplement. Après être passé par le cégep pour obtenir un DEC en arts et lettres, puis par l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) pour suivre un cours en cuisine, il est retourné aux sources, vraiment : le bricolage, le travail des mains, le façonnage du beau. « C’est dans mon bagage génétique, certainement! » s’exclame-t-il avec conviction. Son grand-père était un fin bricoleur, et le jeune Pierre-Étienne se sentait attiré par la beauté des objets, mais aussi par leur mécanisme. « Je démontais tout pour le remonter ensuite, j’étais intéressé par tout », se souvient-il avec amusement. Ainsi, après quelques détours, Pierre-Étienne s’est senti aspiré par le travail manuel, et il s’est concentré à acquérir le plus de connaissances et d’habiletés possible dans ce domaine.

Voir et comprendre
Par le biais de lectures et de rencontres, il s’est forgé une expérience solide. « C’est en s’approchant des gens qui travaillent de leurs mains qu’on apprend beaucoup », explique-t-il en décortiquant sa démarche. Un rien l’inspire, mais jamais il ne se penche sur sa table de travail sans avoir eu au départ un coup de foudre pour un objet ou un événement du quotidien. Plus jeune, une horloge qu’il affectionnait s’est brisée. Après s’être évertué à la réparer, sans succès, il s’est mis à la recherche d’une digne remplaçante. Partout, que des modèles au design superficiel et sans intérêt. « J’ai donc décidé de m’en fabriquer une à mon goût! » se rappelle-t-il. Autour de lui, sa création a fait sensation. C’est sa conjointe qui lui a alors donné la petite tape sur l’épaule qui l’a propulsé. « Elle m’a dit d’arrêter de juste en parler! » rigole l’artiste. Un peu de publicité lui ayant mis le vent dans les voiles, Pierre-Étienne s’est attelé à la tâche. Il vient d’ailleurs de terminer de nouveaux modèles, dont un à affichage numérique DEL!

Et les lampes? « Alors là, je suis un maniaque des lampes! » lance-t-il joyeusement. Chez lui, partout, des lampes, de tous les modèles et de toutes les formes. « Il y en a une pratiquement au-dessus de chaque chaise! » s’exclame-t-il avec un grand sourire. Celles qu’il fabrique sont faites de bois, de la même essence que celle avec laquelle il fabrique ses horloges : le cèdre rouge de l’Ouest, un bois canadien. Et c’est en choisissant tout particulièrement les fragments rejetés par ses fournisseurs qu’il réalise ses pièces les plus originales. « Chaque morceau est différent, alors ça donne un produit unique chaque fois », explique Pierre-Étienne.

Mariage entre hier et aujourd’hui
Bien que les horloges et les lampes constituent la majorité de sa production, Pierre-Étienne, dans ses moments de loisirs, se laisse tenter par une autre activité : la remise à neuf d’objets anciens achetés à l’encan. Particulièrement attiré par les années 1970, il « ramasse et retape », dit-il, toutes sortes d’objets. Il y a un moment de cela, dans un bahut antique muni d’un tourne-disque, Pierre-Étienne a découvert un vieux catalogue de meubles de fabrication locale. Fasciné, il s’est attardé à admirer la conception soignée et solide de ces articles d’un autre temps. « Quand je regardais ces choses, je pensais à ceux qui les ont conçues, et à cet amour du beau et du bien fait qui m’intéresse tellement aujourd’hui », précise-t-il. Ce lien avec le passé, Pierre-Étienne cherche maintenant à le matérialiser au quotidien, en mettant de l’avant le savoir-faire des artisans du Québec, son amour du travail et son souci de l’originalité, qui se greffent sur chacune de ses créations. « Je veux que les gens se rendent compte qu’acheter local, c’est avantageux, au final », déclare-t-il avec éloquence. En favorisant la création d’emplois ici, en utilisant et en renforçant les savoirs d’antan et d’aujourd’hui, et en choisissant des matériaux locaux, Pierre-Étienne est persuadé au plus profond de son être que le Made in Quebec a de beaux jours devant lui.

À quoi ressemblera l’avenir de l’artiste? « Si je peux inonder le marché d’ici, je le ferai avec joie! » termine-t-il allègrement. Tout en continuant bien sûr à fabriquer lui-même pour nous les objets les plus beaux qui soient. Après tout, quoi de mieux qu’un Québécois qui achète québécois?

www.pierreetiennepilondesign.com

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