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Johanne Dubeau, La fée branchée






Préparez-vous à pénétrer dans un autre monde…

Il est de ces étapes dans la vie où l’on se doit de prendre les bonnes décisions. Pour Johanne Dubeau, l’un de ces moments déterminants est arrivé tout récemment, alors que l’entreprise pour laquelle elle travaillait depuis 22 ans a définitivement fermé ses portes. Designer de mode pour une affaire familiale, elle adorait son travail et ses patrons. Et quand les lois mondiales du marché se sont avérées trop exigeantes pour son employeur, Johanne a dû rapidement faire des choix importants. N’étant pas du genre à s’apitoyer sur son sort, elle s’est mise en marche : « J’avais tout plein de passions! J’avais pris des cours en fleuristerie, je peignais aussi. Le temps de réflexion n’a pas été long! », raconte-t-elle avec entrain.

Dans sa tête, les étapes sont déjà toutes tracées. La confection de coussins personnalisés s’est imposée à elle. Elle prépare un plan de travail, effectue des tests, achète des tissus… Sa demande en main, elle se rend à Emploi-Québec pour solliciter une subvention de démarrage d’entreprise. Là non plus, la réflexion n’a pas été longue! « Ils ont été impressionnés par mon organisation! » dit-elle en riant. Elle suit ensuite un cours d’entrepreneuriat en bonne et due forme, puis se jette à l’eau!

L’art comme mode de vie
Toute jeune déjà, Johanne savait que sa vie serait consacrée à l’art. Depuis toujours, en compagnie de sa mère ainsi que de ses frères et sœurs, elle a trempé dans le beau et le travail manuel. Faire des collages, des montages, du dessin est devenu naturel chez elle. Et pendant sa scolarité, les arts ont joué un rôle de premier plan. « À l’école, ma matière préférée, c’était les arts plastiques! » m’apprend-elle, un grand sourire aux lèvres. Impossible alors, après la perte de son emploi, d’envisager un changement de direction. Impossible aussi de renier sa véritable passion!

« Quand j’ai décidé de démarrer une entreprise, j’ai vraiment décidé de démarrer une entreprise », me dit Johanne avec une note de sérieux. Le choix des tissus, des motifs, des grandeurs, tout a été soigneusement noté sur une fiche de travail qui accompagne chaque projet. Le sous-sol de la maison sert d’entrepôt, où tout est parfaitement classé. Quelques machines y sont également installées. Johanne a en outre mis un temps considérable à l’élaboration de son site Web. L’atelier est situé au rez-de-chaussée, dans une grande pièce vitrée remplie de lumière qui donne sur le jardin. Il y règne une atmosphère chaleureuse. Tout y est bien rangé, sans que l’endroit affiche un air de sévérité. Johanne adore ce lieu et peine à en sortir! « J’ai de la misère à aller me coucher! » dit-elle en riant.

Des coussins vraiment pas comme les autres
Les coussins sont le résultat d’un mélange de techniques d’impression et de traçage à la main. Certains passent sous les rouleaux de l’imprimante avant d’être complétés par un dessin direct. Les couleurs sont ajoutées en toute fin de processus. Un modèle présente un plan d’escalier avec les annotations typiques, agrémenté d’images architecturales. Il s’agit d’un petit cadeau de sa sœur… « Elle est architecte, alors je lui ai pris quelques plans! » explique-t-elle, toute joyeuse. D’autres ont des yeux exorbités et un sourire immense : ce sont les monstres de Johanne. C’est un nouvel ajout à son offre, qui attire déjà bien des commentaires! Sur plusieurs coussins, des dessins parfaits de chiens, de chevaux, de chats et de papillons. Les lignes sont belles, les courbes harmonieuses, les représentations exactes. Et les images? Délicieuses! Les coussins de Johanne sont de petites œuvres d’art, auxquelles elle tente d’insuffler une « âme ». Elle ne veut pas qu’ils ne soient que des objets agréables à regarder. « Je veux qu’ils interpellent les gens », explique-t-elle avec force. C’est pourquoi elle personnalise ses coussins, et les possibilités sont presque infinies. Certaines personnes lui ont envoyé la photo de leur « minou » ou de leur « pitou », qu’elle a fidèlement reproduite sur le tissu. Parfois, elle modifie une phrase ou change un mot, un clin d’œil à l’histoire du client. « Il n’y a pas de limites! » lance-t-elle.

Continuer sur sa lancée
Des coussins, on dirait que Johanne en fabrique depuis toujours. Et pourtant, sa petite entreprise n’a que 18 mois! « Je suis une artiste, mais une artiste structurée! » m’apprend-elle avec chaleur. Avec ses cahiers pleins de croquis, les journées sont vraiment trop courtes pour elle, qui voit l’avenir avec confiance. « Je veux que ça marche à fond », conclut-elle. Dans quelques mois, elle aimerait posséder un petit atelier-boutique qui a pignon sur rue, dans un quartier chaleureux… Des portes grandes ouvertes, des fauteuils confortables, des tissus de toutes les couleurs, des machines bourdonnantes… Oui, pourquoi pas!

www.lafeebranchee.com

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