Jo-Anne Tremblay, artiste en arts visuels

Végétaux marins | série Behind the Shell | acrylique sur papier
Femme en ballon rouge | série Behind the Shell | acrylique sur papier
Dame à la fenêtre | série Behind the Shell | acrylique sur papier





À quatre ans, Jo-Anne Tremblay ramassait avec précaution les petites grenouilles et les jolis cailloux qu’elle voyait. Les poches remplies de trésors, elle courait à la maison pour les observer d’encore plus près…

L’enfant bercée par les fables de La Fontaine et émerveillée par ses balades en forêt s’est imprégnée du parfum des arbres et des pistes des animaux. Ainsi, toute petite, elle savait déjà que sa vie serait consacrée à la contemplation de la nature, mais elle savait aussi qu’elle voulait transmettre sa passion du beau. À quatre ans, Jo-Anne savait qu’un jour, elle serait professeure d’arts plastiques. Aujourd’hui, elle observe toujours, avec passion, avec amour, cette nature qui l’entoure. Habitant au cœur même de la forêt, visitée par les rusés renards roux et par les sages orignaux, Jo-Anne vit son rêve.

Du songe à la réalité
Après être passée par le cégep, elle complète avec succès son éducation à l’université. Ça y est! Elle est désor­mais enseignante en arts visuels! En plus de cette carrière, elle fréquente abondamment le milieu des arts en général. Elle travaille dans le domaine de l’édition, puis dans celui de la production de spectacles. Récemment, elle a accepté un poste de gestionnaire d’un centre culturel. Le monde des arts, inutile de le dire, lui est très familier!

Mais pour exprimer son amour de la nature, Jo-Anne se sert d’autres aptitudes : son talent pour le dessin et la peinture. Utilisant l’acrylique aussi bien que le fusain, elle crée des images merveilleuses aux couleurs magnifiques. L’artiste s’exprime sur différents thèmes et dans différents styles : tantôt l’art abstrait, où elle utilise la lumière pour faire apparaître les couleurs, tantôt l’art plus décoratif, où elle exprime sa vision ornementale de la nature.

Ainsi, dans son atelier, les bêtes à plumes peuvent se marier à des figures géométriques tel le carreau… comme elle l’a déjà fait dans certains tableaux. « Les carreaux, c’est une démarche plus mathématique, plus cérébrale », explique Jo-Anne. Sur certaines œuvres, on peut également admirer des cercles multicolores et des oiseaux fantastiques. Ceux-là traduisent l’intérêt profond que porte l’artiste aux animaux. Mais attention! Pas pour leur qualité figurative! « Je ne deviendrai jamais une peintre animalière! » s’exclame Jo-Anne avec ardeur. Les animaux sont, pour elle, secrets, mystérieux. Ils forcent l’interrogation, éveillent la curiosité.

Son atelier ne lui sert que de bureau et d’espace de rangement. Son environnement de création est tout autour d’elle, dans la maison comme dehors. « Je me promène partout dans la maison, je sors souvent peindre à l’extérieur », m’avoue-t-elle. Les toiles de Jo-Anne sont réalisées, pour la plupart, à partir de techniques mixtes. Sur ses toiles, la peinture acrylique, avec sa large gamme de possibilités, côtoie l’encre noire, le pastel coloré et le gras du fusain. L’artiste veut montrer que l’importance du dessin est aussi grande que celle de la couleur. « Le dessin, ce n’est pas juste fait pour être en dessous de la peinture », clame-t-elle. Les traits bruts sont aussi révélateurs que les teintes éclatées et, avec ses fusains, Jo-Anne démontre brillamment que ce média possède aussi une finalité. « Ce n’est pas juste un dessin », précise-t-elle avec gravité.

L’expression des sentiments
Pour Jo-Anne, reproduire ce qu’elle voit n’est pas le but de la création. Elle veut transmettre sa façon de voir les choses, ses propres perceptions. « La nature, je veux l’exprimer, pas la copier », m’explique-t-elle avec conviction. Cette année, elle se concentre sur l’art abstrait, sur les émotions plutôt que sur l’image. Elle expérimente avec tout : des feuilles, des brindilles, des cailloux… En faisant confiance à la matière, Jo-Anne veut doucement éliminer les pinceaux et n’utiliser que les matériaux que lui prodigue la nature. « Quand l’automne arrive, c’est comme si je ressentais l’urgence de ramasser des végétaux pour créer quelque chose avec ça », raconte-t-elle joyeusement. Évitant le figuratif, qu’elle n’utilise en fait que comme sujet d’étude, elle crée sans compromis, n’essayant de cacher ni les erreurs, ni les taches.

À partir de maintenant, Jo-Anne veut porter plus loin sa démarche de création : « Je veux pousser mons­trueusement! » dit-elle en riant aux éclats. C’est que son désir de travailler avec les éléments de la nature ne fait qu’augmenter. Les bouts de bois, les algues, les plumes, elle veut les utiliser. « Je veux en faire des outils de travail », précise-t-elle. Le recyclage aussi est sur sa liste. Et puis, il y a les coquillages. Il semble bien qu’ils soient extrêmement importants pour Jo-Anne : « C’est mon objet fétiche! » dit-elle avec éloquence. Son désir? Monter une exposition où le coquillage serait omniprésent : en peinture, au sol, sur les murs, partout!

La plus grande passion de Jo-Anne, dit-elle, c’est la nature. Mais ne serait-ce pas plutôt la peinture? « C’est pas mal égal », révèle-t-elle. Ses professeurs, la regardant créer avec la plus grande facilité, lui exprimaient souvent leur surprise, l’air de se deman­der : Serait-elle, par le plus grand des hasards, née avec un crayon en main?

Pour connaître l’ensemble de l’œuvre de Jo-Anne Tremblay : www.jatjo-annetremblay.com

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