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Pascale Beaudoin, artiste en arts visuels

Présence | huile sur toile | 40 po x 40 po (diptyque) | 2013
Pigeons népalais | huile sur toile | 48 po x 36 po | 2012
Passage | huile sur toile | 24 po x 30 po | 2013
Drapeaux de prières de Katmandou | huile sur toile | 30 po x 36 po | 2012





Pascale Beaudoin n’est pas une artiste comme les autres.

Lorsqu’on regarde ses toiles, quelques pensées viennent à l’esprit : Wow! pour commencer, puis l’interrogation s’installe. Pourquoi ces images floues? Qui sont ces gens? On voit bien des visages, de petites frimousses au regard troublé. Mais la plupart des personnages sont anonymes. On les voit s’éloigner, se perdre dans la brume. Ils sont sombres, même noirs. Puis, des couleurs, belles, chaleureuses. Des foulards népalais, des caisses d’épices colorées, des oiseaux… Que signifie donc tout cela?

Il n’est pas facile de donner un sens à toutes ces informations. C’est que Pascale est une personne de passions. Elle en possède deux : l’aide humanitaire et la peinture. C’est d’ailleurs pendant un voyage humanitaire que sa passion pour la peinture s’est manifestée. Pascale a voyagé à de nombreuses reprises, mais pas pour les mêmes raisons que le commun des mortels : elle voulait aider, apprendre et partager. Elle a travaillé pour Oxfam, qui l’a envoyée au Maroc, où elle est demeurée pendant six mois. Puis, comme coopérante volontaire, elle s’est exilée au Népal et au Pérou. Quelques-unes de ces aventures, elle les a organisées elle-même. Hébergée localement, elle se faisait un devoir de découvrir la culture, la langue et les coutumes des communautés où elle vivait. Alors, vous comprenez, elle en a vu, des choses!

Traduire la souffrance
« Mes premières toiles font vraiment beaucoup référence à mes expériences personnelles de voyage », m’apprend-elle, alors que je tente d’interpréter les images que j’ai sous les yeux. Pascale prenait des photos au gré de ses déplacements, capturant sur pellicule des moments souvent difficiles, qui la touchaient beaucoup. Puis, à partir des clichés, elle transposait sur toile les gestes de ses modèles. C’est ainsi qu’elle a créé une série sur les itinérants, qui révèle la solitude, la souffrance et, peut-être, la perdition. Je ne peux m’empêcher de revenir sur ces visages d’enfants. Leurs traits sont clairs, alors que le reste de leur corps n’est qu’un composé de lignes qui, semble-t-il, ont été tracées avec désespoir. « C’était un sujet difficile, même violent », confie Pascale, qui peine à en parler.

L’aspect humain est primordial et doit transparaître sur ses toiles. Les paysages bucoliques et sereins, très peu pour elle. Ce qu’elle tente de transmettre, c’est le lien diffus, nébuleux, qui existe entre le corps humain et le monde extérieur. Entre deux êtres également, selon les situations. Les contours des personnages de Pascale sont mal définis, et elle veut qu’ils le demeurent. « J’essaie de représenter une notion abstraite », explique-t-elle. Par exemple, les pigeons représentent la multiplicité. Ils sont nombreux et semblables, mais sont à la fois tous différents les uns des autres. En mouvement perpétuel, ils ne sont rattachés à aucun lieu, ni à aucune époque.

Aller au fond des choses
Le style de Pascale évolue au rythme de ses expériences de vie. « Il y a une façon de peindre différente selon la thématique », raconte-t-elle. Les couleurs sont parfois omniprésentes, elles envahissent la toile. Les formes sont bien définies, l’observateur les reconnaît sans peine. Puis, on passe au flou, au noir, aux hachures, au dessin presque pur. « Je fais beaucoup d’exploration », m’apprend-elle. Amoureuse des nouvelles techniques, elle évite de demeurer dans sa zone de confort… « C’est dangereux! » s’exclame-t-elle avec conviction.

Après avoir consacré la majeure partie de son œuvre à dépeindre les autres et l’ailleurs, Pascale tourne dorénavant son regard sur sa personne, sur son intérieur. Elle tente d’illustrer ses propres émotions. Ayant beaucoup appris sur son âme, elle se consacre maintenant à la peindre. Sa dernière toile révèle une autre facette d’elle-même. « J’ai pris un peu de distance par rapport à mes expériences d’avant », explique-t-elle doucement. Ainsi, sur cette toile, différentes époques de sa vie semblent se rencontrer : on distingue des foulards népalais, un visage, une foule, une ombre… « La toile s’appelle Présence, mais j’aurais tout aussi bien pu l’appeler Absence », confie-t-elle. On comprend ici qu’elle retourne aux sources en illustrant le personnage anonyme, impossible à reconnaître. Mais l’est-il vraiment?

Dans son atelier situé dans une maison louée qu’elle partage avec d’autres colocataires, Pascale chemine. Elle tente de traduire en mots les pensées qui se bousculent alors qu’elle répond à mes questions. « C’est pour ça que je peins! Il est plus facile d’expliquer ce que je ressens en images », confesse-t-elle avec un sourire. Voilà donc le fin mot de l’histoire! Née avec un talent naturel pour le dessin, pour l’art, Pascale a attendu un bon moment avant d’emprunter cette avenue de la vie. Peut-être même contre son gré. Et puis, un jour, l’appel a été trop fort, et il a bien fallu y répondre!

www.pascalebeaudoin.com

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