Louis Julien, artiste peintre






Par où débuter? C’est que Louis Julien en a des choses à raconter sur son art!

Commençons par le commencement!
Tout jeune, Louis dessinait beaucoup, de la bande dessinée entre autres. Et c’est son goût pour le dessin qui l’a mené à l’architecture. Après ses études, cependant, il n’a pas embrassé le métier. Il s’est dirigé ailleurs. « J’ai fait l’architecture parce que je voulais être capable de dessiner et construire des maisons », raconte-t-il d’abord. Du dessin strict et précis, Louis est ensuite passé à la peinture. Pour la liberté qu’elle procurait, pour la possibilité de se « tromper », pour l’idée de suggérer plutôt que d’imposer une idée. Pour utiliser à fond son imagination!

Jadis copropriétaire d’une galerie d’art, Louis a eu le luxe de pouvoir observer ce monde original, tout en y participant activement. « Ça m’a ouvert des portes. J’ai pu poser des questions, acquérir la reconnaissance des autres artistes. Ça m’a donné une petite longueur d’avance! » se rappelle-t-il avec chaleur. Au contact du public, Louis développe un sens particulier des affaires, se nourrit de ce qu’il voit et engrange les connaissances artistiques qui lui sont transmises. Et il apprend à se vendre lui-même, une tâche plutôt ardue! Muni de tous ces outils et d’une solide volonté, il n’a ensuite connu que des succès.

Pourquoi les voiliers?
La maison de Louis est située sur le bord de l’eau. Le spectacle quotidien des bateaux le fascine, et c’est en partie pour cette raison qu’il peint des voiliers. Et pourtant, il y a plus. « Je veux faire des toiles qui dérangent », m’explique-t-il. Sa technique évolue d’année en année. Les couleurs, par exemple, à l’origine très sombres, majoritairement noires, se sont peu à peu éclaircies, et Louis a incorporé à ses tableaux des teintes de bleu, de jaune et quelques fois de vert. « Il est arrivé que des gens me demandent si j’étais tourmenté dans la vie! Je peux vous assurer que je suis un gars parfaitement bien! » s’exclame-t-il en riant. Puisque chacun porte sur ses œuvres un regard chargé de son propre passé, la lecture qu’il en fait est personnelle. Et pourtant, il est impossible de ne pas remarquer les cieux orageux et les eaux tumultueuses dans lesquelles voguent de fragiles embarcations. Les cités, elles, ont l’air d’être gelées dans le temps, comme une image de fin du monde. Mais qu’y distinguera le prochain « regardeur »?

Les toiles de Louis sont toutes le résultat d’une certaine émotion. Très tôt le matin, tasse de café en main, l’artiste descend à son atelier et se plante devant ses toiles imma­culées. Amant des grands formats, il en choisit une de près d’un mètre de côté. Installée sur le chevalet, elle attend son bon vouloir. C’est ensuite le choix des couleurs qui s’impose tout naturellement. Pinceau à la main, il se laisse guider par son agitation intérieure, par son bouillonnement ou son inquiétude, par son exaltation ou son bouleversement. Les lignes apparaissent graduellement, et c’est à ce moment seulement que Louis comprend qu’il accouchera d’une ville… ou d’un bateau! « Quand je sors de l’atelier, je suis complètement vidé », confie-t-il.

Une façon de vivre
Cet atelier, Louis l’a conçu pour y être heureux. Très grand et muni d’un plafond qui atteint quatre mètres à certains endroits, il possède des murs de pierre, un poêle à bois et de l’espace à revendre. Lors de la construction de la maison, tout a été pensé en fonction de ce lieu. « J’ai presque imaginé la maison autour de l’atelier! » raconte-t-il avec entrain. Pendant la réalisation des travaux, Louis a même arrêté le chantier pendant cinq jours pour se réapproprier ses pinceaux, tant ceux-ci font partie de lui. Il peint quotidiennement, parfois à un rythme infernal. Ne se lassera-t-il pas un jour? « Certainement pas! C’est un besoin, presque une drogue », confesse-t-il de bon cœur. Malgré cette cadence parfois essoufflante, Louis s’impose quelques moments de recherche, afin de développer de nouveaux concepts, de nouvelles combi­naisons. « Quand les choses vont bien, le danger c’est de reproduire toujours la même recette. C’est une erreur, il faut aller plus loin, quitte à se tromper », annonce-t-il, profondément convaincu. Pour lui, se tromper n’est pas un drame, puisque cela lui permet d’enfoncer des barrières, de faire face aux épreuves.

Les toiles de Louis se vendent rapidement. Il en possède deux, pourtant, dont il ne peut se défaire : l’une peinte de nuit, dans un noir total, l’autre… « C’est une toile parfaite, je crois! » révèle-t-il en évoquant ses couleurs et ses traits. Que lui reste-t-il à mettre au monde alors? « J’ai des projets, des visages peut-être, mais je ne suis pas rendu là », conclut-il avec assurance. C’est lui qui le dit : il faut avoir confiance dans le moment!

www.louisjulien.com

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