Céline Fafard, céramiste






La céramique, Céline Fafard l’a découverte presque par hasard. Heureusement pour nous!

C’est en fréquentant un café où l’on travaille également la céramique que Céline s’intéresse à cet art. Après un DEP en menuiserie et une courte expérience de travail dans ce domaine, elle cherche à se réorienter. Elle tente l’architecture, mais ça ne va pas non plus. «Je suis allée voir sur Internet si une formation en céramique existait. J’ai découvert que oui, et je me suis inscrite », raconte-t-elle.

Céline est habile de ses mains et a toujours trempé dans l’art : un peu de couture par ici, la manipulation du bois par là. Ayant touché à presque tous les métiers manuels, elle recherche une formation qui la maintiendra dans cette voie. « Mais je ne connaissais strictement rien à la céramique! » avoue-t-elle en riant. Elle entame donc une technique de trois ans en métiers d’art avec spécialisation en céramique. Son collège offre une formation complète comprenant une initiation aux secrets de la petite entreprise, une participation au Salon des métiers d’art et un accès, pendant l’année suivant l’obtention du diplôme, à un atelier tout équipé pour un prix imbattable. C’est pendant cette année qu’elle élabore l’ébauche de sa collection. Toucher la terre, la pétrir et lui donner une forme nouvelle, voilà le mélange parfait entre le travail des mains et la création pure.

Dans le mille!
Céline a une voix douce, une diction recherchée et précise. Lorsque je lui demande d’où lui est venue la géniale illumination qui l’a poussée à créer de si magnifiques pièces, elle se trouve momentanément désarçonnée : « Je crois que c’est de la chance », répond-elle enfin. Peut-être. Mais il faut un don exceptionnel pour réussir à produire, dès sa sortie de l’école, des tasses si raffinées, des gobelets aux lignes si parfaites, des pichets si élégants et des théières si aristocratiques! Et pourtant, personne n’a influencé son travail, nulle œuvre ne s’est trouvée en être l’élément déclencheur. Son inspiration vient d’elle-même, de ses idées, tout simplement.

Céline utilise une technique de fabrication qui s’apparente, selon elle, à la confection de vêtements à l’aide de patrons. La jeune artiste découpe des formes, qu’elle assemble ensuite pour construire une pièce unique. « C’est dérivé du travail du textile, cela se nomme le façonnage », m’explique-t-elle. Mais sa créativité ne s’arrête pas là. Utilisant des morceaux de dentelle comme pochoir, elle « peint » ses tasses, ses saladiers et ses mains à sel d’une manière innovatrice. Sur les uns, les dessins sont d’un noir d’ébène, francs mais délicats. Sur les autres, ils sont d’un ivoire à peine plus foncé que le blanc pur de la céramique, forçant l’amateur à approcher l’objet de ses yeux, afin de se convaincre qu’il ne rêve pas!

Sur certains gobelets, de courts messages sont écrits. Je suis curieuse de savoir d’où ils viennent… « C’est mon copain qui les compose! » m’apprend-elle avec fierté. Celui-ci, étudiant en littérature, se donne un bien grand mal pour les inventer. Des messages d’amour et de paix, surtout. « Les gens adorent! » confirme Céline avec un sourire.

Un travail de longue haleine
Une fois toutes ces étapes complétées, il faut cuire la céramique une première fois avant d’y appliquer une glaçure, puis la cuire une seconde fois. « C’est la glaçure qui donne le fini lustré aux pièces », m’apprend l’artiste. Et le résultat? « Pas toujours brillant! » rigole Céline. Dans un coin de l’atelier, une grande caisse renferme toutes les tasses, les vases et les autres gobelets qu’elle a rejetés. Ceux-là ne trouveront jamais preneurs. « Dans le processus de recherche et de développement, il y a parfois des accidents », explique-t-elle. Entre le design imaginé et le produit fini, il y a quelquefois un écart important!

Céline partage avec plusieurs autres artisans un atelier à Montréal, situé dans un bâtiment industriel. Certains, comme elle, ont depuis peu quitté les bancs d’école. D’autres ont plus d’expérience, et créent des céramiques depuis plus de 10 ans. Des commentaires sont échangés, des idées sont communiquées. Les concepts des uns peuvent influencer les hypothèses des autres. Un grand respect caractérise les relations entre les artistes. « Et en plus, ça permet de partager les coûts, les fours... », ajoute Céline.

La meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer
Les prochaines pièces de Céline suivront la même courbe, le même dessin que les précédentes. La céramiste se concentre également sur la confection de porte-bijoux. Elle aimerait diversifier sa production, réaliser des installations, entre autres. « Mais pas trop grosses! » spécifie-t-elle en riant. C’est que le métier d’artisan céramiste exige beaucoup de sacrifices. « Certains aspects me plaisent moins, c’est plus difficile de ce côté-là », confie-t-elle en terminant. Les amateurs de beau ont matière à s’exclamer avec la présente collection de céramiques de Céline Fafard. Et après? On verra!

www.celinefafard.com

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