White et White, sculpteurs






Il est de ces gens qui ont une histoire tellement captivante que l’on souhaiterait les entendre toute une journée! Céline et Jean-Guy White font assurément partie de cette catégorie!

DÂ’abord, un frère et une sÂśur, Ă©levĂ©s Ă  Loretteville au pied de la magnifique chute Kabir Kouba. Toute leur vie, ils ont trempĂ© dans lÂ’eau, Ă  la maison comme au chalet dÂ’Ă©tĂ©. « LÂ’eau, cÂ’Ă©tait notre terrain de jeu. Notre imaginaire en dĂ©bordait », mÂ’explique CĂ©line. Puis, un atelier de sculpture familial, oĂą tout le monde mettait la main Ă  la pâte : papa faisait le gros du travail, maman sÂ’occupait de la finition, et la marmaille sÂ’agitait autour avec entrain. VoilĂ  lÂ’environnement dans lequel CĂ©line et Jean-Guy ont grandi. La sculpture fait partie de leur vie, tout simplement. Et pourtant, ce nÂ’est pas cette discipline que les deux compères ont adoptĂ©e au dĂ©but de leur carrièreÂ…

Voyage, voyage
Au commencement, Jean-Guy avait choisi le métier de marion­nettiste. Cette occupation peu commune l’a conduit sur les routes de l’Amérique du Nord. Elle lui a permis de développer son sens des volumes et de mieux connaître l’outillage et la machinerie utilisés dans la fabrication de petits modèles. Quelques années plus tard, Jean-Guy est revenu au bercail et s’est réinstallé à Loretteville.

CĂ©line aussi sÂ’est promenĂ©e, mais cÂ’est plutĂ´t la province quÂ’elle a sillonnĂ©e. Pour elle, cÂ’Ă©tait la peinture. Les galeries Ă©taient très ouvertes Ă  ses Âśuvres, et la grande rĂ©gion mĂ©tropolitaine accueillait ses expositions avec joie. Ses pein­tures nÂ’Ă©taient pas très orthodoxes. « On aurait dit des bas-reliefs », explique Jean-Guy en dĂ©crivant avec admiration les travaux de CĂ©line. Et puis, elle aussi est revenue. Comme deux aimants, le frère et la sÂśur se sont retrouvĂ©s, ici, dans leur rĂ©gionÂ…

Il y a environ sept ans, ils ont décidé de s’unir au travail. Selon Céline, tout a commencé par le retour de son frère. Les commentaires de Jean-Guy sur le relief des tableaux de Céline ont fait mouche, et elle s’est mise à sculpter l’argile. Selon Jean-Guy, c’est sa sœur qui a été le moteur de leur mise en commun, puisque ses travaux l’ont inspiré, lui. Se renvoyant la balle avec un plaisir évident, ils forment une équipe profondément soudée.

Mais encore? Se lancer en affaires ensemble ne garantissait pas la rĂ©ussite! CÂ’est presque par hasard que le duo en est venu Ă  sculpter le bronze. Un jour, un directeur de galerie venu admirer les tableaux de CĂ©line a remarquĂ© dans un coin une petite sculpture dÂ’argile. « Il mÂ’a demandĂ© sÂ’il pouvait lÂ’emporter avec lui pour la faire couler dans le bronze. JÂ’ai pensĂ© : “Que cÂ’est drĂ´le!” » se souvient CĂ©line. Elle a pourtant acceptĂ©, et une incroyable aventure a commencĂ©. « Ça nous a donnĂ© des idĂ©es! » lance Jean-Guy avec un sourire.

Inséparables, comme les deux éléments de l’eau
Dans les voix de CĂ©line et de Jean-Guy, un amour authentique se dĂ©voile. Celui de lÂ’art, dÂ’abord. Tous deux ont embrassĂ© une carrière artistique, avant de se rĂ©unir. Une vĂ©ritable affection fra­ternelle les anime : « Très jeunes, nous Ă©tions dĂ©jĂ  complices en tout », se rappelle Jean-Guy avec amusement. SÂ’inven­tant des jeux et des aventures, ils Ă©taient presque insĂ©parables. « Nous Ă©tions les moutons noirs de la famille! » ajoute-t-il en riant. « MĂŞme si nous nous appelons White, ne lÂ’oublie pas! » sÂ’exclame CĂ©line dans un grand rire. AujourdÂ’hui, frère et sÂśur continuent dÂ’ĂŞtre de connivence, et leur amour de lÂ’eau ne les a pas quittĂ©sÂ…

Leurs sculptures sont uniques. Elles parlent de leur passion de lÂ’eau, sans inhibition. PossĂ©dant une conscience sociale Ă©veillĂ©e, les deux artistes se documentent abondam­ment sur le sujet et participent Ă  des activitĂ©s de sensibilisation. Leur dĂ©marche appuie ainsi leur dĂ©sir de raconter lÂ’eau. « Ce nÂ’est pas par hasard que lÂ’homme et la terre sont tous deux formĂ©s dÂ’environ 70 % dÂ’eau », mÂ’explique CĂ©line. « CÂ’est lÂ’Ă©lĂ©ment premier, il doit ĂŞtre protĂ©gĂ© », enchaĂ®ne Jean-Guy. VoilĂ  ce que souhaitent montrer White et White au moyen de leurs sculptures : la relation intime entre lÂ’homme et sa terre, entre lÂ’homme et son eau. LÂ’eau : le miroir de lÂ’humain, son reflet.

Leur dernière sculpture, Bleu cycle, est installĂ©e Ă  MontrĂ©al. DÂ’une hauteur de 4 m, lÂ’Âśuvre repose sur une base dÂ’Ă  peine 15 cm de large! Il sÂ’agit dÂ’un papa Ă  vĂ©lo protĂ©geant sa petite qui sÂ’Ă©lance vers lÂ’eau, le tout reflĂ©tĂ© Ă  la perfection. Une pure merveille! « MontrĂ©al est une ville sur une Ă®le, oĂą se cĂ´toient lÂ’eau et de nombreuses pistes cyclables. Nous souhaitions rendre hommage Ă  lÂ’eau dans ce contexte », mÂ’apprend CĂ©line. Une relation intime, un rĂ©flexe de protection. Et lÂ’eau, encoreÂ…

Que leur rĂ©serve lÂ’avenir? « Nous adorons les dĂ©fis! » lancent-ils en cÂśur. Et selon Jean-Guy, ce nÂ’est pas près de changer! « Nous ne prendrons jamais notre retraite! » sÂ’exclame-t-il avec un enthousiasme com­municatif. Ă€ la bonne heure!

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