Thomas Corriveau, artiste multidisciplinaire

Figures sans ombre : anges, 2011, acrylique sur toile
Longtemps l’errance (triptyque 1), 2011, sérigraphie et pochoir sur papier, 3 éléments
Sophie dans la forêt, 2011, impression à jet d’encre sur plastique
Mosaïque, 2011, vidéo, 1 minute 40 secondes (boucle)





LÂ’image et le son
Thomas Corriveau correspond parfaitement à la définition dÂ’un artiste multidisciplinaire : il fait de tout!

Thomas a toujours aimé le dessin et la peinture. Sa maman était écrivaine, et le jeune garçon a toujours été encouragé par ses parents à développer ses intérêts. Bien qu’il se soit d’abord dirigé vers les sciences, l’art l’a rapidement ramené sous son aile, et Thomas, en victime consentante, s’est laissé porter par sa passion. Après avoir réalisé sa maîtrise, il a eu la chance d’obtenir un poste de chargé de cours au Département d’arts visuels de l’Université d’Ottawa. Voilà qui amorce d’excellente façon un parcours de créativité.

Très tôt, le jeune homme prend la décision de se dévouer entièrement à sa carrière artistique. « CÂ’est sûr, plus jeune, jÂ’ai eu quelques jobbines, mais jÂ’ai toujours réussi à travailler dans le domaine des arts », se rappelle Thomas. Traversant quelques années plus difficiles, il parvient tout de même à se débrouiller grâce, entre autres, à lÂ’obtention de nombreuses bourses et subventions pour son travail de recherche artistique.
Depuis 10 ans cependant, sa vie sÂ’est stabi­lisée : Thomas est maintenant professeur en arts visuels et médiatiques à lÂ’Université du Québec à Montréal. En début de parcours, il enseignait surtout la peinture. Puis, des techniques dÂ’impres­sion, de photo et de vidéo se sont ajoutées à son bagage. « Je travaille toujours avec lÂ’idée de ce que représente lÂ’image », explique Thomas. En ce moment, un projet personnel et fantastique lÂ’occupe : le montage dÂ’un film dÂ’animation. LÂ’entreprise qui produit le film bénéficie dÂ’une « valeur ajoutée », car Thomas peut engager des élèves pour le seconder. Ceux-ci profitent alors dÂ’un apprentissage plus que théorique avec un professeur qui leur sert de guide. Quand à Thomas, il a « la chance de travailler avec mes jeunes et de créer un lien entre lÂ’université et le monde réel », précise-t-il.

Comprendre lÂ’image
En plus de ses activités sur le campus, Thomas travaille aussi à lÂ’atelier. Dans un local dÂ’une ancienne école reconvertie en centre artistique, il laisse libre cours à son imagination. LÂ’inspiration, les idées, les concepts ne lui font pas défaut. « JÂ’ai du matériel en banque pour plus dÂ’une vie! » dit-il en riant. À tous moments, lÂ’homme sort son calepin et prend des notes. CÂ’est parfois plus difficileÂ… Les images surgissent souvent alors quÂ’il est au volant, concentré sur la conduite. Ce sont les réflexes qui prennent le dessus, et le cerveau se libère. « Avec la route devant soi, les idées se mettent en place », affirme-t-il. DÂ’autres occasions sont aussi tout à fait propices à la réflexionÂ… « Sous la douche, cÂ’est un moment récurrent! » dévoile-t-il en riant. De retour à lÂ’atelier, Thomas réunit ses notes, fait le tri, puis se met au travail.

Ses Âœuvres, extrêmement nombreuses, s’éche­lon­nent sur plus de 30 ans. Tout au long de ces années, lÂ’artiste a suivi une certaine direction. Quel­ques éléments reviennent constamment : les représentations de personnages, par exemple. Des ombres, souvent anonymes. Et à parts égales, la géométrie. Les cubes sont omni­présents dans ses plus récentes toiles. « JÂ’aime explorer les perspectives, les profondeurs, les dimensions et les à-plats », révèle Thomas. Les concepts sÂ’attachent les uns aux autres, les idées sont semblables. Et puis, une nouvelle notion sÂ’ajoute. Une entité distincte, semble-t-il. Mais, avec le reculÂ… « Il y a une logique dans mes Âœuvres, je le vois après-coup », me confie Thomas. Des intentions analogues, une filiation dans les idées, qui se prolongent sur plusieurs décennies.

Un duo gagnant
Thomas conjugue avec bonheur ses activités à lÂ’atelier et à lÂ’université. « CÂ’est une super asso­­ciation », avoue-t-il avec satisfaction. Il aime lÂ’idée du partage des connaissances, de la trans­mission du savoir. Il ne se voit pas, du moins pour le moment, faire de la création à temps plein. Travailler avec les étudiants se révèle très stimulant. Ils apportent de nouvelles idées, ils ouvrent les horizons. À travers eux, le langage artistique se renouvelle, il évolue constamment, par lÂ’exploration de la matière et des concepts. « Ce nÂ’est jamais fini! » déclare Thomas avec conviction. Pourtant, il possède une vision du monde qui, malgré le temps qui passe, reste la même. « Je ne dirais pas que je mÂ’encroûte là-dedans, mais je tiens à ma philosophie! » dit-il en riant.

De nouvelles avenues sÂ’ouvrent pour Thomas. Après avoir réalisé la scénographie et lÂ’ani­mation des images du spectacle de danse JusquÂ’au silence, présenté à Montréal en 2011, il a reçu une proposition qui lÂ’intéresse énormément : accom­pagner une pièce de théâtre de ses images. Une approche complè­tement différente, beaucoup plus structurée, où lÂ’illustration doit se greffer de façon exacte au jeu qui a cours sur scène. Voilà qui nÂ’effraie en rien lÂ’artiste multidisciplinaire, qui nÂ’y voit là quÂ’un défi de plus!

www.thomascorriveau.com

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