Marylène Ménard, vitrailliste et mosaïste






Suivre son instinct
Un coup de foudre dans une école? Oui, c’est possible, et ce n’est pas ce que vous croyez!

On dirait bien que la vie de Marylène Ménard passe par la salle de classe. Car il y a plusieurs années, elle était enseignante en arts plastiques au secondaire. Originaire du Centre-du-Québec, elle réalise ses études à l’Université du Québec à Trois-Rivières, puis se dirige avec confiance dans le domaine de l’enseignement. La jeune femme prépare les cours, imagine des projets pour les étudiants, leur rend la vie facile. Elle assiste aussi à des réunions, corrige des devoirs, gère son apprentissage… Bref, « il n’y avait aucune création! » s’écrie Marylène avec dépit. Après 14 ans d’enseignement, elle arrête tout.

Et pourtant, c’est bien dans une salle de classe que Marylène trouve sa voie! Elle entend parler de l’École d’été des arts et des métiers d’art de Mont-Laurier, une école où l’on enseigne de nombreuses disciplines : « Le vitrail, la dentelle, le chant grégorien, la peinture… Enfin, tout! » raconte-t-elle. Marylène choisit le vitrail. Sans attente particulière, elle s’y rend pour une semaine. Et c’est le coup de foudre! « Quand je suis revenue chez moi, je suis tout de suite allée m’équiper », confie-t-elle avec entrain.

Le côté santé…
Aujourd’hui, son temps est partagé entre deux grandes disciplines : le vitrail et la mosaïque. La première est plus sérieuse, plus organisée. Les commandes proviennent de designers, entre autres. Lorsqu’une famille procède à d’importantes rénovations, celles-ci incluent parfois des ajouts artistiques, comme des vitraux dans les fenêtres ou les portes, ou en guise de panneaux d’armoires. C’est alors que Marylène entre en scène. Elle se rend chez le client, discute avec lui, visite les lieux, propose des thèmes. Parfois, les gens ont besoin de toute l’aide qu’elle peut leur apporter. Avec sa formation en arts, elle peut les guider dans leurs choix : disposition, couleur, type de verre, motif, etc. Mais surtout, elle écoute leurs besoins et leurs désirs. « Je fais vraiment ce que les gens me demandent », confirme-t-elle avec sérieux.

… et le côté givré!
Le vitrail, c’est épatant, mais ce qui fait vraiment craquer Marylène en ce moment, c’est… « La mosaïque! J’aime tellement ça! » s’exclame-t-elle avec un bonheur évident. Différente du vitrail, mais utilisant également le verre comme matière première, la mosaïque laisse à l’artisane toute la latitude nécessaire pour créer, enfin, sans contrainte, sans barrière.

L’inspiration lui vient de la terre, de la nature, qu’elle observe avec émer­veillement. Elle se base parfois sur des photographies pour démarrer le processus de création. Marylène réalise le croquis et la maquette en carton. Mais pour la préparation de la structure en ferblanterie, elle fait confiance à son conjoint. Ce dernier, à quelques années de sa retraite, trouve également un grand plaisir à fabriquer des objets artistiques, une activité à mille lieues de son métier actuel, dans le domaine de l’automobile. Ensemble, ils forment une équipe parfaitement équilibrée. La fabrication d’une pièce peut demander jusqu’à une centaine d’heures de travail au couple. L’atelier est situé au sous-sol de la maison. Cependant, l’artiste a converti une partie de la salle à manger du rez-de-chaussée en boutique. Les acheteurs peuvent donc s’y rendre et visualiser des pièces grandeur nature.

Les œuvres les plus récentes de Marylène intègrent des éléments hété­roclites, comme des boutons, des bijoux, des fragments de vaisselle ancienne ou encore des parties de fer à repasser. Dernièrement, ce sont des montres qui ont tenu la vedette. Elle les règle pour qu’elles indiquent le mois et l’année de fabrication de la pièce.

Les modèles sur lesquels elle se penche en ce moment représentent tous des animaux. Ce sont des pièces absolument renversantes! « Pour la tête de chevreuil, c’est un peu un clin d’œil, parce que les gens en ont beaucoup », précise-t-elle en riant doucement. Les chouettes, mais surtout les grands oiseaux, comme les hérons, font son bonheur. Ces oiseaux portent tous le nom d’Hurluberlus… En m’entendant rire, elle s’exclame : « Vous voyez, c’est ça que j’aime! Quand je prononce le nom des oiseaux, tout le monde rit, et ça me fait vraiment plaisir! » explique-t-elle candidement. Car on rit de ses oiseaux un peu partout dans les expositions et les salons! D’autres pièces sont également exposées dans plusieurs boutiques de Québec et de Montréal, où elles remportent un franc succès.

Donner rendez-vous au bonheur
Il suffit parfois d’un pur hasard pour changer le cours d’une vie. Pour Marylène, cette petite école d’été enseignant les techniques du vitrail n’était qu’un projet de vacances, pour le plaisir, tout simplement. Voilà la preuve qu’il faut suivre son instinct et apprécier toutes les expériences que la vie nous apporte. Sait-on jamais!

www.vitrailmosaique.com

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