Jean-Marc Parent, tourneur de bois : Un art qui fait tourner les têtes...

Jean-Marc Parent, tourneur de bois





Tourneur de bois depuis plus de 30 ans, Jean-Marc Parent fait aussi tourner les têtes lors de ses passages au Salon des métiers d’art de Québec et de Montréal ou encore dans Bois-Franc, où il habite et exerce son métier. Bien sûr, les visiteurs s’arrêtent pour admirer ses œuvres, mais aussi pour le regarder en action. Époustouflant!

Au départ, il y a une bûche, semblable à toutes les autres pour le profane. Jean-Marc Parent l’installe sur son tour et prend un ciseau bien affûté. L’appareil se met en marche à une vitesse d’environ 2000 tours par minute. Le ciseau approche de la bûche… on se croirait alors en plein carnaval : des serpentins de bois d’une dizaine de mètres jaillissent. Spectaculaire! L’équivalent de kilomètres de copeaux de bois « sortent» de la bûche lorsqu’il travaille. Mais le plus impressionnant, c’est de voir la précision de l’artisan, la finesse d’exécution du produit fini. Conjuguer talent et expérience donne de magnifiques résultats.

Effluves de l’enfance
De son enfance, Jean-Marc Parent retient entre autres des odeurs de bois : « On habitait en haut de la cour à bois d’un fabricant de portes et fenêtres à Saint-Jean-sur-Richelieu (Barrière et Frères). On avait donc l’odeur du pin et du cèdre dans le nez à longueur de journée. Ça reste… » Déjà à l’époque, il travaillait le bois avec les rebuts de l’atelier et créait petits bateaux et épées.

Il a son premier contact avec un tour lors d’un cours en technique d’usinage. Bien qu’il s’agisse d’un tour à métaux, c’est la révélation : il joindra ses deux amours, le bois et le tournage. Après avoir travaillé le bois de bien des manières, il se concentre dorénavant sur le tournage, depuis une dizaine d’années. « Le reste ne m’intéresse pas autant. J’ai vendu la plupart des outils dont je n’avais pas besoin. Je n’ai même plus de banc de scie! »

L’homme qui « parlait » aux arbres
La plupart des pièces de Jean-Marc sont ainsi tournées : une pièce, une bûche. Pas de collage. « Il y a là une part de haute voltige et nous sommes peu nombreux au Québec à le faire », explique-t-il. « C’est un travail très minutieux qui demande une technique approfondie et une bonne compréhension du bois. »

Ainsi, qu’ils soient utilitaires ou uniquement décoratifs, pots, champignons, verres, coupes et tutti quanti sont issus de bois choisis par un œil averti. « Je ne coupe pas d’arbres, je ne prends que du bois d’arbres déjà morts, debout de préférence, précise-t-il. Par exemple, ma région a été touchée assez sévèrement par la crise du verglas en 1998. Les arbres morts ont séché debout et sont très utilisables. Je pige aussi dans mon bois de chauffage. J’y trouve des trésors. » Il me raconte l’histoire de gens qui chauffent au bois qui ont suivi un de ses ateliers : « Après, il y a des bûches qu’ils trouvent plus difficiles à mettre au feu, dit-il en riant. On devient très sensible au bois... quand on sait ce qui peut se cacher à l’intérieur d’une bûche, on ne la voit plus de la même façon. »

Il peut parler longuement des particularités de chacune des essences, comme le cerisier qui est très « craqueux » et qui l’est beaucoup moins si on le cueille mort debout. « Ça prend des années pour bien connaître le bois, affirme-t-il. Par exemple, pour le bois d’œuvre, il faut le couper en décembre ou en janvier, sur le descendant de la lune ou même durant la lune noire. C’est à ce moment que la montée de sève est à son plus bas. »

Des produits finement ciselés
Les œuvres de Jean-Marc sont d’une grande finesse. Entre autres, les parois de ses pots avec couvercles ont à peine plus d’un quart de pouce d’épaisseur. Il en va de même pour ses verres et ses coupes à vin, qu’il ne faut surtout pas hésiter à utiliser. « Mes produits (verres à bière, coupes à vin ou à porto ainsi que certains bols et vases à fleurs) sont finis à l’époxy, ce qui leur donne une finition imperméable d’une très grande résistance. »

Généralement, il conserve la couleur naturelle du bois, mais parfois il utilise une teinture ou du « jus de clous ». « L’acétate de fer noircit certaines essences comme le cerisier, le chêne, le cèdre et l’acajou, explique-t-il. En fait, ça fait vieillir le bois d’une dizaine d’années en quelques secondes. Je m’en sers pour faire des lignes ou d’autres motifs. »

Jean-Marc Parent enseigne son art partout au Québec et plus spécialement à l’École d’ébénisterie Artebois de Québec et à l’Atelier du Corbeau de Sherbrooke. Vous le croiserez sûrement dans quelques événements en train de s’exécuter et de répondre aux questions de l’assistance. Son métier n’a aucun secret pour lui… ou presque.

Pour bien apprécier son travail, visitez son atelier de Norbertville, près de Victoriaville. Vous n’avez qu’à prendre rendez-vous au 819- 369-9508. Vous pourrez même y rencontrer sa mascotte Pinpin! De grandeur d’homme, ce pantin tout articulé compte une soixantaine de pièces tournées.

Vous trouverez ses pièces dans les salons d’artisans et aussi dans quelques boutiques de Québec et de Montréal : Vert Tuyau, Oh! Bois Dormant, Boutique Métiers d’art du Québec et Mycoboutique.

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