Lynda Dallaire, artiste peintre






C’est par une magnifique journée d’automne que Lynda Dallaire m’accueille. Cette artiste est à l’opposé de l’image que l’on se fait habituellement des peintres. Posément, elle commence son histoire, qui se révèle surprenante…

Ă€ fleur de peau
Enfant, Lynda a coulĂ© des jours heureux au milieu de lÂ’incroyable dĂ©sordre de son père, entrepreneur, qui accumulait toutes sortes dÂ’objets souvent involontairement! Plus tard, elle devient chargĂ©e de projets sur des chantiers de construction. SĂ»re dÂ’elle, la femme dÂ’affaires comprend très bien ce monde difficile. Elle Ă©volue donc avec confiance dans ce milieu pendant une huitaine dÂ’annĂ©es. Ce nÂ’est quÂ’il y a deux ans quÂ’elle fait le grand saut : elle abandonne totalement ce champ dÂ’activitĂ© pour se consacrerÂ… Ă  lÂ’Ă©criture! « Quand jÂ’ai arrĂŞtĂ© de travailler, cÂ’est dans ce domaine que je voulais me lancer », explique Lynda. Se qualifiant elle-mĂŞme de rat de bibliothèque, elle adore Ă©crire et se plaĂ®t en compagnie des livres. Griffonneuse dans l’âme, elle continue nĂ©anmoins de dessiner, comme elle le fait depuis toujours. Puis, le glissement sÂ’opère doucement, et Lynda dĂ©cide de se vouer principalement Ă  la peinture. NÂ’oublions pas, il nÂ’y a de cela que 24 moisÂ…

Dans lÂ’antre de lÂ’artiste
LÂ’atelier est vaste, inondĂ© de lumière. Dans un coin, des matĂ©riaux servant Ă  lÂ’artiste attendent dÂ’ĂŞtre utilisĂ©s. Sur de grandes tables reposent plusieurs Âśuvres. Les unes sont terminĂ©es, les autres, bien entamĂ©es. Dans le fond, dÂ’autres pièces ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©es sur des chevalets. Certaines sont hautes et très Ă©troites : « JÂ’aime ce format, parce quÂ’on peut le mettre sur tous les murs », mÂ’explique-t-elle. Quelques pièces attendent dÂ’ĂŞtre livrĂ©es : « Celle-ci est pour le maire Labeaume. Elle reflètera bien le sĂ©rieux de sa fonction, je crois », avance-t-elle.

Le soleil de novembre, Ă©trangement puissant pour la saison, nous rĂ©chauffe agrĂ©ablement les pieds. Il règne dans la pièce une atmosphère de calme, de sĂ©rĂ©nitĂ©. De sa voix incroyablement douce, Lynda mÂ’invite Ă  regarder son nouveau projet, de très grande taille. Les couleurs ont Ă©tĂ© appliquĂ©es entre les divers Ă©lĂ©ments en relief, qui forment lÂ’ossature du tableau. Ici, ce sont des billes de mĂ©tal; lĂ , des grains de cafĂ© recouverts dÂ’une peinture mĂ©tallique, leur donnant lÂ’aspect de gouttelettes dÂ’aluminium Ă©chappĂ©es dÂ’une fonderie. Des particules de sable cĂ´toient un treillis, lui aussi dÂ’aspect mĂ©tallique : « Je lÂ’appelle ma peau de serpent. Certaines personnes y voient des Ă©cailles de tortue. CÂ’est diffĂ©rent pour tout le monde », me raconte-t-elle. Oh! lÂ’ai-je mentionnĂ©? Chacune des Âśuvres est rĂ©alisĂ©e sur un support qui nÂ’a rien de traditionnel : une plaque de tĂ´leÂ…

Elles reprĂ©sentent, en grande majoritĂ©, une ou des fleurs, au cÂśur gĂ©nĂ©reux et aux pĂ©tales gigantesques. Elles sont longues et laborieuses Ă  concevoir, Lynda ne sÂ’en cache pas. CÂ’est pourquoi elle dĂ©marre toujours plusieurs projets Ă  la fois. Toutes demandent près dÂ’une douzaine dÂ’heures de labeur, rĂ©parties sur une dizaine dÂ’Ă©tapes. Le travail enfin terminĂ©, lÂ’artiste applique la laque. LÂ’odeur est intense : de grandes portes-fenĂŞtres sont donc largement ouvertes pendant les chauds mois dÂ’Ă©tĂ©. Mais lÂ’hiver, cÂ’est une tout autre histoire. « Je dois mÂ’installer sous la hotte. Je lÂ’utilise aussi pour une autre technique, le chalumeau au propane », me confie-t-elle. Le rĂ©sultat est hallucinant : une impression de vitrification, qui confère Ă  lÂ’Âśuvre une facture unique. Je rĂ©alise pourtant que je nÂ’ai devant moi quÂ’une photographie du moment, un instantanĂ©. Pour connaĂ®tre lÂ’histoire en entier, il faut retourner dans le passĂ©Â…

Suivre le guide
LÂ’Ă©volution de lÂ’artiste dĂ©file littĂ©ralement sous mes yeux. Les toutes premières tentatives reprĂ©sentent des visages de femmes. Les tons sont sobres, noirs, gris, blancs. Puis, une orgie de couleurs apparaĂ®t sur dÂ’autres toiles. Elles reprĂ©sentent aussi des visages de femmes, qui, bien quÂ’elles aient Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es durant la mĂŞme pĂ©riode que les prĂ©cĂ©dentes, sont totalement diffĂ©rentes! « Je sautais des unes aux autres, je faisais des essais. Mais je nÂ’aimais pas ça », avoue candidement Lynda. Dans un coin, un paysage tout en longueur, dans lequel une silhouette noire se dĂ©finit. Les couleurs sont franches. Ă€ cĂ´tĂ©, un autre paysage, et lĂ , un dĂ©cor tropical. En parcourant avec Lynda les pièces de la maison, je revis ses inspirations, ses envies, ses dĂ©ceptions, ses moments dÂ’exaltation.

JÂ’ai lÂ’impression quÂ’elle mÂ’emmène dans une machine Ă  voyager dans le temps. Au fil des Âśuvres, les textures et les mĂ©thodes quÂ’elle utilise maintenant quotidiennement se reflètent un peu plus dans son travail : les grandes fleurs de mĂ©tal sont lÂ’aboutissement de ces mois de recherche. Une image exclusive, devenue sa signature.

LÂ’avenir? Il nÂ’est pas loin! « En janvier ou en fĂ©vrier, je vais me consacrer Ă  une nouvelle production. JÂ’ai une idĂ©e dĂ©jĂ  bien Ă©tablie, oĂą le tronc et les branches dÂ’un arbre seront prĂ©sentsÂ… Je nÂ’en dis pas plus pour lÂ’instant! » ajoute-t-elle en riant. Attention : il sera bientĂ´t temps dÂ’entreprendre un autre voyageÂ…

http://toiledescreateurs.net/Membres/DallaireLyndaPeintre/DallaireLynda_Accueil.php

Voir tous les artistes & artisans