Gaetanne Lavoie, artiste peintre






Moments in time…
Est-il possible d’étiqueter le travail de Gaetanne Lavoie? Difficile… Ses toiles représentent très souvent des gens qu’elle a capturés précipitamment, grâce à son appareil photo, comme un instant figé dans le temps. Donc, ses œuvres sont de style moderne… Cependant, les coups de pinceau sont rapides, et les détails, exagérés, comme sur les toiles de l’impressionniste. Mais encore. Figuratif? Expressif?

Originaire de Cornwall, Gaetanne s’est installée à Montréal il y a trois ans seulement. Anglophone, elle a fait ses études primai­res et secondaires en français et en anglais, ce qui explique son évidente facilité à s’exprimer dans la langue de Molière. Néanmoins, m’avoue-t-elle humblement, quelques-unes de ses idées gagnent encore à être énoncées en anglais. « Je faisais déjà du dessin à six ans. À l’école secondaire, je n’étais pas sûre de vouloir continuer, parce que ce n’était pas très… lucrative? Mais mes parents ont toujours été très… supportive, ils m’ont encouragée à continuer dans cette voie », confie-t-elle d’entrée de jeu. Elle tente d’abord sa chance à l’Université York de Toronto, où elle obtient son diplôme avec honneurs. « L’enseignement à l’université était très conceptuel, très libre. J’avais besoin d’y opposer un complément », explique Gaetanne. Trois ans plus tard, elle rejoint donc San Francisco et la côte ouest américaine, où elle fréquente le pro­gramme des maîtres de l’Académie des arts, une école réputée. « C’était un challenge, on explorait le côté très traditionnel des arts, le côté technique », décrit-elle. Mais pourquoi Toronto, pourquoi San Francisco? « J’ai toujours aimé les grandes villes. Il y a beaucoup de vie, beaucoup de monde… » Voilà qui explique la suite!

Self-made woman
« Pour percer le marché des galeries d’art, il faut être un peu… business­­woman! Il faut concevoir un site Web, assister à des vernissages, rencontrer des gens, montrer ses œuvres en réalisant de petites expo­sitions. Il faut être patient et… persistant », concède-t-elle en riant. Des expositions, Gaetanne Lavoie en a fait plus d’une. Au Québec, bien sûr, mais aussi aux États-Unis, à New York en particulier. « J’adore New York. C’est le centre des arts visuels. J’y déménage d’ailleurs, cet été. » Pour de bon? « Je crois bien, oui! J’ai toujours voulu déménager à New York. Il y a tellement d’artistes et de galeries, et le marché est très grand. » Néanmoins, sa nouvelle vie ne sera pas de tout repos. « Je me suis inscrite à la New York Academy of Art. Je connaissais et admirais cette école depuis longtemps. J’espère y améliorer encore un peu plus ma technique », raconte-t-elle avec humilité.

Gaetanne réalise régulièrement des séries ayant le même thème. Comme les mouvements répétitifs d’une routine artistique, ces toiles, souvent petites, l’aident à réfléchir.   Ça me permet de prendre une pause des grands projets. « Ça m’aide beaucoup à… focus? J’ai plus de facilité à reprendre le travail par la suite. » Plusieurs séries ont été réalisées au fil des ans : les souliers (« Ce sont tous les miens! »), les cupcakes (« J’aime beaucoup les petits gâteaux! »), mais aussi et surtout une série nommée Heads Project. Quelques-uns de ces tableaux sont tout simplement renversants! Des modèles consentants se sont prêtés à un exercice tout à fait particulier : écraser une partie de leur visage sur une vitre, avec pour résultat… le rire assuré! Les toiles, intitulées Big Babbins, Super Sexy ou encore Huh?, mesurent près d’un mètre carré. « J’aime mettre de l’humour dans ma peinture, explique Gaetanne. Ceux-ci sont, comment dire, choquants! Un monsieur m’a même dit : “I hate it!” Vraiment! D’autres m’ont dit adorer! C’est l’impression du… viewer qui est importante! » L’inspiration survient souvent sans crier gare. « C’est l’atmosphère du moment qui me guide. En fait, c’est la vie en général. Je prends beaucoup de photos. Ensuite, je retourne à l’atelier et je peins celles que j’aime », confie-t-elle.

Quelques rares autoportraits, de facture sombre et pres­que mélancolique, montrent une autre facette de cette jeune femme d’ordinaire souriante. « C’est vrai. Les gens me disent : “Tu souris tout le temps!” Mais la vie n’est pas toujours heureuse, ce n’est pas vrai. Je veux jouer avec la contradiction : avec une figure sérieuse, je mets des cou­leurs brillantes. » Les journées à l’atelier, situé à environ 20 minutes de chez elle en métro, durent de 4 à 8 heures. « Je préfère aller au travail. J’ai besoin de mettre une dis­tance entre ma vie et mes peintures », précise Gaetanne.

New York, New York…
Très bientôt, ce sera le départ vers The Big Apple. Qu’en pense la famille? « Ils ne me découragent pas. Ils ont toujours su… » Elle ne ferme cependant pas la porte à un éventuel retour au Canada. « J’ai l’impression de suivre une route qui se dessine naturellement devant moi. C’est comme un puzzle, et toutes les pièces s’emboîtent facilement. Mais je prendrai ce que l’avenir me donnera! » Nul doute que celui-ci s’annonce prometteur!

www.gaetannelavoie.com

Les toiles de Gaetanne Lavoie sont exposées en permanence dans les locaux de Mobiliers Mondiale Salotti au 4646, avenue du Parc, à Montréal.

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