Sylvain Tapin, artiste peintre






Équilibre
Si certaines théories affirment que la création naît du chaos, l’artiste peintre Sylvain Tapin recherche plutôt l’équilibre afin de laisser libre cours à son inspiration. Loin de lui la volonté de créer dans la douleur; c’est lorsqu’il se sent bien dans sa tête et dans son corps que son art se déploie dans toute sa splendeur.

Mens sana in corpore sano (un esprit sain dans un corps sain). Telle pourrait être la devise de Sylvain Tapin, qui joue au hockey deux fois par semaine et sÂ’entraîne autant de fois. « Dernièrement, je me suis blessé et jÂ’ai été un mois sans pouvoir mÂ’entraîner. Je commençais à grafignerÂ… », avoue lÂ’artiste de Québec. Et Sylvain a besoin de se sentir bien afin de créer.

« Pour que ma tête aille bien, jÂ’ai besoin de me dépenser, de faire du sport et de mÂ’entraîner, explique-t-il. Et quand ma tête va mieux, le côté créatif va mieux aussi. Bien sûr, on lÂ’a vu au cours de lÂ’histoire, il y a des fois où on peut être très créatif quand ça va mal, mais je ne veux pas nécessairement créer dans la douleur. Si ça arrive, ça arrive, on a tous des périodes plus creuses mais, si jÂ’ai le choix, je préfère avoir de lÂ’inspiration quand je vais bien. »

Cette inspiration, Sylvain la trouve en lui, ou autour de lui. Son principal sujet de prédilection est l’humain en général, ce que nous sommes tous amenés à vivre. Ainsi, au cœur de pres­que toutes ses toiles se trouvent un ou des personnages symbolisés par le cercle.

Au centre, le cercle...
Omniprésent dans lÂ’Âœuvre de Sylvain, le cercle est au centre de ses toiles depuis le cégep. À cette époque, il travaillait beaucoup à partir des formes géométriques. Puis, au début de sa carrière, ses personnages ressemblaient aux pions dÂ’un jeu d’échecs : avec un long corps et une tête ronde. Au fil du temps, il les a épurés et stylisés pour en venir à la limite de lÂ’abstraction. « Maintenant, les cercles sont soit des personnages, soit une entité. Mais ils représentent toujours quelquÂ’un », affirme lÂ’artiste.

Le cercle est par ailleurs très symbolique en géométrie et véhicule lÂ’idée de la perfection. Il est constitué de points situés à égale distance de son centre. Un équilibre parfait autour du cÂœur de la forme. Un idéal à atteindre? Les titres des toiles de Sylvain en disent long sur cette quête constante de lÂ’humain, comme le suggèrent ces quelques exemples : SÂ’ouvrir et être à l’écoute, Former sa carapace, Descente contrôlée, Soutenir, appuyer et conseiller et LÂ’art de prendre sa place.

Prise de parole
Si lÂ’art de Sylvain est, comme il le définit lui-même, à la frontière de lÂ’abstraction, ses thèmes sont des plus réalistes, ainsi que le démontre son choix de titre. Comment décide-t-il du sujet quÂ’il abordera avant de se pencher sur une toile? « CÂ’est un peu comme pour une chanson, explique celui qui a longtemps fait partie dÂ’un groupe de musique. Parfois, le texte vient avant la mélodie, parfois cÂ’est lÂ’inverse. Dans mon cas, les trois quarts du temps je décide du thème que je veux aborder avant. DÂ’autres fois, je mÂ’inspire dÂ’un concept de formes et de couleurs dÂ’abord. »

Dans sa plus récente série, Sylvain a voulu rendre hommage à des personnages qui ont marqué lÂ’histoire et qui lÂ’ont surtout marqué, lui. Il a ainsi peint à sa façon Mohamed Ali, Elvis Presley et Jésus. « Chacune de ces personnalités mÂ’inspire. Elvis a innové avec le rockÂ’nÂ’roll, une musique qui a mené à tous les styles marginaux que lÂ’on connaît aujourdÂ’hui. De son côté, Ali avait bien sûr une grande gueule, mais il était et reste très respectueux des humains, confie celui qui se décrit comme un fan de boxe. Ali a refusé de participer à la guerre du Vietnam et a payé le prix de ses convictions en se faisant enlever son titre de champion du monde. Quant à Jésus, tout dépend comment on le perçoit, ce peut être positif ou négatif. CÂ’est toute la question de la religion et de la spiritualité… »

Et demain?
Après avoir flirté avec le théâtre et la musique, Sylvain est aujourd’hui résolu à vivre de la peinture. Il se donne à cet art solitaire pour lequel il souhaite travailler en collaboration avec d’autres, par exemple à titre de membre du Collec­tif International d’Artistes ArtZoom et de L’espace contempo­rain, galerie d’art (Québec). D’ailleurs, il assumera au prin­temps 2012 la présidence d’honneur de La Grande Exposition Internationale ArtZoom à la galerie d’art L’espace contemporain, un rôle qu’il mérite, puisqu’il a remporté le prix du public lors de l’édition 2010 de cet événement.

Une carrière à suivre, pour notre propre équilibre.

www.artstapin.com

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