Martin Simard, artiste en arts visuels : Toucher du bois






Ă€ la question « Avez-vous toujours aimĂ© les arts? », Martin Simard rĂ©pond sans hĂ©siter « Oui, jÂ’ai commencĂ© très jeune avec le dessin, jÂ’ai toujours dessinĂ© ». VoilĂ  qui nous met bien en selle pour une histoire qui rĂ©vĂ©lera une sĂ©rie de surprisesÂ…

« Mon père travaillait Ă  la bibliothèque de lÂ’Ă©cole. Il me rapportait beaucoup de papier et de crayons quÂ’il trouvait dans la boĂ®te des objets perdus », raconte dÂ’entrĂ©e de jeu Martin Simard. Vers l’âge de 12 ans, Martin se lance dans le dessin technique : « Je me suis retrouvĂ© Ă  lire des ouvrages dÂ’architecture, que jÂ’ai beaucoup aimĂ©s. Alors, je mÂ’y suis lancĂ©! » Ă€ 17 ans, il sÂ’inscrit au baccalaurĂ©at en architecture de lÂ’UniversitĂ© Laval, Ă  QuĂ©bec. « Je suis originaire de Chicoutimi et je suis allĂ© Ă  QuĂ©bec pour Ă©tudier. JÂ’ai pratiquĂ© le mĂ©tier dÂ’architecte Ă  temps partiel après mes Ă©tudes, maisÂ… je ne me suis pas inscrit au stage après mon bac. Je ne fais pas partie de lÂ’Ordre des architectes, aujourdÂ’hui », explique-t-il. Pourquoi donc? « Je nÂ’aimais pas la structure rigide quÂ’impose lÂ’Ordre. Alors, jÂ’ai continuĂ© pendant quelque temps seulement. Après, jÂ’ai eu un parcours assez sinueux. »

Ă€ gauche et Ă  droite
« Durant la dernière annĂ©e de mon bac, je me suis spĂ©cialisĂ© en architecture Ă©cologique pour les milieux ruraux. Parallèlement Ă  mes contrats dÂ’architecture, je travaillais aussi en forĂŞt. Puis, jÂ’ai eu la chance dÂ’acheter une propriĂ©tĂ© en milieu agricole et forestier. Je me suis alors retrouvĂ© Ă  travailler en agriculture, se souvient-il. JÂ’ai ainsi pu expĂ©rimenter une technique quÂ’un collègue et moi avons inventĂ©e. La technique du GREB, un principe de construction Ă©cologique maintenant plus populaire en France quÂ’ici! » relate lÂ’artiste.

Martin rĂ©side quelques annĂ©es dans une maison bâtie selon ce principe. Il chauffe au bois et sÂ’intĂ©resse particulièrement Ă  cet aspect du travail forestier : « JÂ’ai eu envie de faire mon propre bois de chauffage. En effectuant des coupes sĂ©lectives, jÂ’ai dĂ©couvert toutes les merveilleuses essences indigènes du QuĂ©bec, leurs qualitĂ©s et leurs propriĂ©tĂ©s. JÂ’ai Ă©tĂ© très impressionnĂ©. »

Doucement, il se met Ă  travailler ce bois. Il se procure de multiples ouvrages sur lÂ’Ă©bĂ©nisterie, et, en parfait autodidacte, apprend le mĂ©tier. CÂ’est une rĂ©vĂ©lation! « Trois ans après la fin de mon bac en architecture, je me suis inscrit pour un DEC en Ă©bĂ©nisterie artisanale au Collège de Limoilou. CÂ’est lĂ  que jÂ’ai saisi que je nÂ’avais pas assimilĂ© la moitiĂ© des notions que lÂ’on tentait de nous inculquer en architecture! » sÂ’exclame Martin. Durant les trois annĂ©es de sa formation, il rencontre une cohorte dÂ’Ă©lèves rĂ©ellement dynami­ques et stimulants, ce qui lui permet de renouer avec la crĂ©ation. Il rĂ©alise Ă©galement plusieurs contrats individuels dÂ’Ă©bĂ©nisterie dans un petit local situĂ© pas loin de chez lui, Ă  Limoilou. En 2002, il fonde Symbole ÉbĂ©nisterie dÂ’Art. Il fabrique alors du mobilier intĂ©grĂ© haut de gamme. Mais les choses vont, encore une fois, bientĂ´t changerÂ…

Une autre route
« Sur un coup de tĂŞte, ma conjointe et moi avons dĂ©cidĂ©, en 2005, de retourner au Saguenay pour nous installer Ă  Chicoutimi! Nous avons vu une maison Ă  vendre sur Internet, nous sommes allĂ©s la visiter et nous lÂ’avons achetĂ©e », raconte lÂ’artiste. CÂ’est dans cette nouvelle demeure situĂ©e en plein centre-ville quÂ’ils crĂ©ent leur atelier dÂ’Ă©bĂ©nisterie, Symbole : « Nous ne faisions pas seulement du mobilier, mais aussi des bijoux et des tableaux. »

Depuis deux ans, sa conjointe a un peu dĂ©laissĂ© lÂ’atelier pour sÂ’investir entièrement dans la gestion. « Je suis seul Ă  produire, maintenant, et je ne fais pratiquement que des tableaux, mais depuis un moment, je nÂ’ai plus assez de temps Ă  y consacrer », avoue-t-il. Entre les rĂ©novations entreprises sur la maison et son nouvel emploi en tant que chargĂ© de projets dans un musĂ©e, les heures de libertĂ© sont rares : « Je tente de consacrer une quinzaine dÂ’heures Ă  mes crĂ©ations. JÂ’ai beaucoup dÂ’idĂ©es, le cahier de croquis est plein », explique lÂ’artiste.

LÂ’inspiration est omniprĂ©sente. Une promenade en ville ou en forĂŞt peut lui fournir rapidement sa matière première : « Je cherche les branches qui sont torturĂ©es par la maladie ou un accident. En regardant de très près leurs blessures, en les analysant de manière presque scientifique, on est capable de remonter le temps, de comprendre ce qui leur est arrivĂ©. » Il intègre dĂ©sormais le dessin dans ses tableaux. « CÂ’est lÂ’illustration de mon enfance qui remonte Ă  la surface », dĂ©crit lÂ’artiste.

Connaître et se faire connaître
« Ce sont les salons des mĂ©tiers dÂ’art qui mÂ’ont per­mis dÂ’ĂŞtre connu. JÂ’ai adorĂ© discuter avec les gens. JÂ’ai connu des personnes extraordinaires. Ça me manque! » Changements et obligations viennent par­fois sÂ’insinuer dans un parcours que lÂ’on croyait tracĂ© dÂ’avance. Cependant, les chemins sinueux ont toujours souri Ă  Martin Simard. Gageons que ce sera aussi le cas dans un avenir rapprochĂ©!

Martin Simard, Symbole
418 543-0288
www.symbole.ca

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