Geneviève Vigneault, artiste du verre : Verres d'avenir






Un seul regard sur ses œuvres provoque une vive émotion. Reflétant la lumière, la concentrant en vagues rouges, bleues, oranges, les silhouettes colorées s’animent et semblent danser devant nos yeux. Des mouvements intangibles se dessinent à partir de touches de couleur, projetant une image mystérieuse, profonde. Ce sont les mains expertes d’une artiste du verre qui ont façonné ces objets lumineux… celles de Geneviève Vigneault.

CÂ’est dÂ’une voix ferme et assurée quÂ’elle explique ce qui lÂ’a poussée à travailler le verre, le hasard ayant joué un rôle dans sa démarche : « JÂ’ai toujours été créative. Je mÂ’orientais vers le design dÂ’intérieur. Mais cÂ’est au secondaire, en feuilletant un guide de référence, que jÂ’ai eu un coup de cÂœur pour les métiers dÂ’arts. » Elle fait donc une demande dans deux écoles différentes : à Montréal, en verrerie, et à Québec, en joaillerie. CÂ’est le Centre des métiers du verre de Montréal qui la sélectionne. « Au Québec, on a la chance dÂ’avoir la seule école francophone en Amérique du Nord qui offre un programme de transformation du verre à chaud. Seule une quinzaine de demandes sont acceptées chaque année. Je faisais partie des heureux élus! » dit joyeusement Geneviève.

À 16 ans, pas encore tout à fait sortie de lÂ’enfance, mais pas non plus engagée dans le monde adulte, elle débarque dans la grande ville. « La plupart des autres étudiants étaient plus âgés. Ils avaient déjà vu le monde, s’étaient battus pour entrer dans cette école et savaient ce quÂ’ils venaient y faire. Quant à moi, j’étais effacée, timide. J’étais naïve aussi, et tout ce que jÂ’apprenais était nouveau », raconte lÂ’artiste en parlant de son parcours. En 2000, après une formation de 3 ans, elle revient dans les Bois-Francs, à Victoriaville, sa ville natale. Elle sÂ’accorde un temps dÂ’arrêt, puis se met bientôt en quête dÂ’un local pour fonder son entreprise. « Le cours que jÂ’ai suivi était vraiment bien fait. JÂ’ai reçu la formation nécessaire au démarrage dÂ’une entreprise. Souvent, dans les métiers dÂ’arts, seuls les projets personnels sont susceptibles de déboucher sur quelque chose. » Dans le centre-ville, les occasions se font rares. Alors quÂ’elle cherche la perle rare, Geneviève frappe un mur : « Les assureurs nÂ’aiment pas vraiment lÂ’idée dÂ’avoir à garantir un local dans lequel seront exécutés des travaux à très haute température! »

Tout vient à point…
CÂ’est à ce moment que ses parents lui font une offre quÂ’elle ne peut refuser : la possibilité dÂ’utiliser une partie de leur terrain pour y bâtir son propre atelier. En forme de grange, il comprend au premier étage les aires de travail, et au second, un loft confortable dans lequel elle vivra ses six premières années dÂ’entrepreneure. Ce sont les bijoux qui lÂ’occupent au départ. En participant à des salons, en exposant ses pièces en galerie, mais surtout grâce au bouche-à-oreille, Geneviève prend son envol et ses créations uniques trouvent preneur. Puis, en 2009, une occasion se présente. À lÂ’occasion de l’événement « Le centre du Québec, goûtez-y! », elle est appro­chée pour confectionner un service à vaisselle qui sera offert en cadeau. « Par la suite, je me suis éclatée! sÂ’exclame lÂ’artiste. JÂ’ai créé quelques services de démonstration, que jÂ’expose dans les salons et sur mon site Internet. Ce nÂ’est pas encore la plus grande part de mon marché pour le moment. Ce sont toutes des commandes sur mesure. »

CÂ’est à partir de feuilles de verre soufflées à la bouche en prove­nance des États-Unis quÂ’elle réalise toutes ses pièces. « En super­posant des couches de verre de couleur, je conçois des motifs, des images, explique Geneviève. JÂ’y vais à tâtons, selon mon inspiration. Je place les éléments, puis ils me guident. La nature est un thème très présent dans mes créations. Je mÂ’inspire beaucoup de mon environnement. » Un couvert de 5 pièces nécessite environ 24 heures de cuisson et de refroidissement. La cuisson se fait à lÂ’aide de moules de céramique, sur lesquels sont déposées les feuilles qui, en fondant, prennent la forme désirée par lÂ’artisane.

Le projet est le brouillon de lÂ’avenir!
« JÂ’aimerais faire plus de place aux arts de la table, affirme lÂ’artiste. Lorsque jÂ’ai débuté, nous n’étions que quelques-uns à produire des bijoux de verre. AujourdÂ’hui, nous sommes plus nombreux. Cela nous pousse à nous réinventer, à aller plus loin avec la matière. Mais je sens que je suis à un tournant. Le concept des arts de la table est encore tout nouveau. JÂ’aimerais mÂ’y consacrer un peu plus au cours des prochaines années. » Cependant, pas avant dÂ’avoir mis la priorité sur un autre projet, très différent celui-là : « Je suis enceinte! Mon conjoint et moi cherchons maintenant un bâtiment dans la région où nous pourrons tous deux pratiquer nos activités repectives. Mon conjoint est musicien, il a aussi besoin dÂ’un studio. Disons que pour cette année, je vais laisser tomber les salons pour mÂ’occuper de bébé. On verra ensuite ce que la vie peut mÂ’apporter! » dit Geneviève, confiante en lÂ’avenir.

Geneviève Vigneault
47, rang Anctil
Victoriaville (visite de lÂ’atelier sur rendez-vous)
819 460-0503
www.lesoufflard.com

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