Alexandre Brault, designer multidisciplinaire: Être illuminé






Est-ce en travaillant le papier devant une fenêtre ensoleillée quÂ’Alexandre Brault a lancé : « Eurêka! »? Peut-êtreÂ… Chose certaine, la fascination vient de loin. Après s’être entièrement consacré à la création de faire-part et de cartes soulignant des événements en tous genres, Alexandre Brault se voue maintenant à un mariage dÂ’une tout autre nature : celui de la lumière et du matériau, à la recherche de lÂ’ambiance parfaite.

Artiste visuel à la base, il a toujours été attiré par la lumière. LorsquÂ’il démarre son entreprise en 2005, il explore plusieurs créneaux. Les cartes de souhaits constituent alors la majorité de sa production. Viennent ensuite les cartons dÂ’invitations. Il crée aussi des toiles, parfois de très grand format. CÂ’est environ un an plus tard que les prototypes de luminaires font leur apparition dans son atelier. Pourquoi des luminaires? « CÂ’est quelque chose que jÂ’avais envie dÂ’explorer depuis longtemps, qui mÂ’a toujours fasciné. Je ne peux pas mettre de date précise sur le moment où jÂ’ai pris la décision de faire des luminaires. Tout ce que je sais, cÂ’est que c’était ce que je voulais faire. »

S’amorce alors un parcours difficile, mais gratifiant. Il téléphone aux boutiques spécialisées, se présente, soumet son travail, prend rendez-vous et rencontre les propriétaires. La très grande majorité de ceux-ci sont emballés par ses œuvres et commencent à les offrir à un public connaisseur. Le papier de coton constitue l’élément de base de ses créations. Plus solide que les fins papiers habituellement utilisés pour l’art japonais, il est aussi plus lisse, moins texturé.

Alexandre Brault collabore également avec un artisan du bois, qui confectionne pour lui certains des pieds qui supportent les lampes. « JÂ’en dessine la forme, mais quelquÂ’un dÂ’autre les tourne. Malheureusement, je nÂ’ai pas ce talent-là! » confie lÂ’artiste. Ceux de béton sont entièrement conçus et coulés à lÂ’atelier. Rien ne sÂ’apparente à son produit, outre les luminaires dÂ’origine asiatique. Ces derniers, fabriqués de papier semi-opaque, sont bien connus de la plupart dÂ’entre nous. Les traditions orientales du travail artistique sur papier exercent sur lui un attrait certain. « Il y a une grande part dÂ’influence des techniques japonaise dans mon travail, oui, sans aucun doute », affirme-t-il. Mais quelque chose dÂ’autre le guide, quelque chose de plus profond, de plus instinctif.

La forêt
Tous les luminaires sont peints à la main par Alexandre exclusivement. Il y apporte la touche finale en vaporisant une mince couche de vernis qui, tout en protégeant le dessin, lui confère aussi une certaine brillance. Les motifs sont tout en rondeur, les formes sont floues, les couleurs, dans les tons de vert, de jaune et de brun, rappellent les contours naturels des arbres, des forêts. On y trouve régulièrement le cercle. Pourquoi? « CÂ’est une bonne question! Je ne sais pas tropÂ… JÂ’ai instinctivement toujours travaillé de cette façon. Appliquer les couleurs sans y réfléchir, comme elles viennent. Tout ce qui est proche de la nature me garde les deux pieds sur terre. » À Montréal, sa ville natale, les occasions de côtoyer la nature se font rares. Il nÂ’exclut pas un retour à la terre. « Un jour, jÂ’aimerais quitter Montréal pour m’établir en forêt. Mais ce sont des projets à long terme. »

Pour le moment, lÂ’atelier grouille dÂ’activités. PuisquÂ’il est situé non loin de chez lui, Alexandre sÂ’y rend quotidiennement. « JÂ’ai besoin de cette distance. Il mÂ’est difficile de travailler à la maison. Les heures sont parfois très longues, et je dois me dissocier de mon travail », explique-t-il. Portant encore tous les chapeaux, il effectue des semaines de travail qui comptent souvent plus de 50 heures. « Je suis artiste et designer, mais aussi comptable et réceptionniste. Il y a un moment où on doit savoir sÂ’arrêter! » Deux autres personnes lÂ’aident maintenant dans ses tâches. Elles sÂ’occupent entre autres de lÂ’assemblage et de lÂ’emballage, bien quÂ’Alexandre se charge encore dÂ’une bonne partie de cette besogne.

Source dÂ’inspiration
Certaines de ses Âœuvres parlent de stimulation et de recapture de sérotonine ou dÂ’endomorphines. Comment réconcilier des concepts aussi différents que lÂ’instinct de la nature et la science appliquée? « Avant dÂ’amorcer ma carrière dÂ’artisan, jÂ’ai brièvement étudié la biologie, raconte Alexandre. JÂ’ai toujours gardé un fort intérêt pour les neurotransmetteurs. JÂ’ai conservé tous mes livres et je les ai consultés pour mÂ’aider à mÂ’orienter. » CÂ’est la psyché humaine quÂ’il aime explorer. La dynamique des fluides − les encres qui sÂ’entremêlent et se mélangent − évoque pour lui les méandres du cerveau humain. « JÂ’ai voulu inclure cet univers biochimique dans mes luminaires dÂ’aujourdÂ’hui. CÂ’est peut-être une réponse à la question des cercles! » lance-t-il. LÂ’intention derrière ses créations? « Je veux que les mondes du design et des arts, qui se rencontrent rarement, se fondent ensemble dans un objet. CÂ’est pour moi une ligne directrice. » Mission accomplie!

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