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Marie-Josée Roy, artiste en arts visuels : Le juste équilibre






Entre sculpture et peinture, l’artiste trifluvienne Marie-Josée Roy a trouvé l’équilibre parfait grâce au fil conducteur du métal, son matériau de prédilection.

Marie-Josée Roy l’avoue : elle a choisi la voie des arts un peu naïvement. « C’était presque pathétique mon affaire, car je ne me voyais vraiment nulle part ailleurs qu’en arts plastiques. Je savais qu’il était presque impossible d’en vivre, alors c’était un choix un peu fou... », raconte-t-elle. Fou? Pas tant que ça! Aujourd’hui artiste florissante et vivant de son art, Marie-Josée crée des œuvres, sculptures et peintures, très organiques, animées d’une sensibilité particulière et qui touchent au premier regard.

Mais le chemin n’a pas nécessairement été facile pour cette mère monoparentale qui, après un an d’études à Montréal en arts plastiques, est retournée dans sa ville natale, Trois-Rivières, terminer son baccalauréat. « Quand j’ai terminé mon cours, j’ai tenté de vivre de mon art... Mais après trois mois, j’ai bien dû me réorienter, j’étais en train de crever de faim! » se souvient-elle.

Elle a alors suivi un cours en soudure, puis à travaillé dans un atelier de fer forgé, où elle a appris la rude technique de la forge. Forte de cette expérience, elle a ouvert sa propre forge et trouvé un moyen d’in­tégrer cette technique à ses sculptures. Puis, une galerie de Montréal lui a donné sa chance. Aujourd’hui, ses œuvres sont présentées dans plusieurs galeries du Canada et des États-Unis. De plus, elle a produit une exposition pour le siège social du Cirque du Soleil en 2010.

Le métal, une histoire d’amour
Dès le début de ses études, l’artiste en herbe était fortement attirée par le métal. « J’ignore pourquoi! Il faut dire que mon père était professeur de soudure quand j’étais jeune et j’allais souvent le voir dans son atelier à la polyvalente, où il enseignait. Quand je me promène dans la rue, tout ce qui est en métal attire immédiatement mon attention. »

Marie-Josée est subjuguée par le métal, un matériau omniprésent dans son art. « J’aime beaucoup le métal, continue-t-elle, je trouve que ça donne une profondeur et une luminosité à mes tableaux, où j’utilise des plaques d’alu­minium. J’aime qu’on puisse sentir la force brute du métal, je le laisse vivre. C’est un peu la même chose quand je fais des sculptures : le métal réagit à mes coups de marteau et c’est cet échange entre moi et lui qui donne la forme, le mouvement à l’œuvre. »

Si la sculpture est le premier amour de Marie-Josée Roy, le travail de forge est par contre très exigeant physiquement et mentalement. La peinture, qu’elle peaufine plus sérieusement depuis environ cinq ans, lui a permis d’explorer un autre aspect de sa créativité. Sur des plaques d’aluminium, elle transpose d’abord des photocopies de photographies qu’elle a prises. Par la suite, elle y ajoute peinture à l’huile, encre à gravure et travail à la pointe sèche.

Apprivoiser la peinture lui a permis de trouver un juste équilibre. « Avec la peinture, c’est un peu comme si je retrouvais un côté plus féminin, émotif. Et quand je rentre à la forge, il est temps parce que je suis rendue trop émotive et que mon côté masculin a besoin de prendre sa place », confie-t-elle.

Trouver ses racines
En observant les œuvres sculpturales et picturales de Marie-Josée Roy, impossible de ne pas être frappé par ces personnages filiformes, aux longs membres qui s’étirent, évoquant une créature à mi-chemin entre l’homme et l’arbre. « Depuis environ cinq ans, tout ce qui est branche, arbre, racine prend beaucoup de place dans ma démarche. J’intègre aussi de plus en plus le bois dans mes sculptures. »

Pour l’artiste, l’arbre et ses parties symbolisent « tout ce qui est vivant dans une personne; pas les côtés morts ou qu’on cache, mais les côtés qu’on essaie d’ouvrir même si on a la chienne ». Ses œuvres, ajoute-t-elle, parlent avant tout de relations hommes-femmes, mais aussi de celle qu’on tisse avec soi-même et de la peur de s’ouvrir à l’autre. « C’est sûr que mes œuvres partent de moi; j’essaie toujours d’entrer en relation avec les autres même si j’ai mal, j’ai peur parfois... C’est pas mal un journal intime, mon affaire! » lance-t-elle en conclusion.

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