Marie Saint-Hilaire, céramiste






Explorer la terre
D’ores et déjà, Marie Saint-Hilaire laisse son empreinte sur sa terre… D’un art traditionnel, elle souhaite tirer une ligne contemporaine, amener sa discipline plus loin. Issue du sol, la céramique prend entre les mains de cette artiste des allures aériennes grâce à la précision de son coup de pinceau.

Le dicton la pomme ne tombe jamais loin de lÂ’arbre est des plus appropriĂ©s pour Marie Saint-Hilaire. Fille de lÂ’artiste peintre Micheline Saint-Hilaire, elle a sans doute hĂ©ritĂ© du talent crĂ©atif de celle-ci pour son coup de pinceau. «  JÂ’ai toujours baignĂ© dans la crĂ©ation, se souvient Marie. Ă€ lÂ’heure du souper, on analysait les toiles de ma mère en famille, chacun y allant de ses commentaires.  » Quant Ă  son père, bricoleur dans l’âme, il a restaurĂ© petit Ă  petit la maison centenaire oĂą Marie a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e, sur la rive sud de QuĂ©bec. Il lui a certainement transmis son cĂ´tĂ© artisanal. RĂ©sultat? Leur fille est tout autant artiste quÂ’artisane, joignant le beau Ă  lÂ’utilitaire.

Comme si son parcours Ă©tait tracĂ© dÂ’avance, Marie sÂ’inscrit en arts plastiques Ă  lÂ’UniversitĂ© Laval. Au baccalaurĂ©at, elle est très intĂ©ressĂ©e par tout ce qui est technique, comme la photographie, la lithographie, la gravure et la sĂ©rigraphie. Par la suite, elle dĂ©couvre la cĂ©ramique Ă  l’École des mĂ©tiers dÂ’art, un matĂ©riau quÂ’elle nÂ’avait jamais approchĂ© avant de commencer son cours! « CÂ’est une amie de ma mère qui mÂ’a parlĂ© de cette formation, assurĂ©e que cÂ’Ă©tait pour moi », raconte Marie.

Le premier cours de cĂ©ramique Ă  l’École des mĂ©tiers dÂ’art se passe Ă  pĂ©trir de lÂ’argile pendant trois heures. CÂ’est le premier contact de Marie avec la matièreÂ… «  JÂ’ai adorĂ© ça! Avoir les mains dans lÂ’argile, cÂ’est très organique. Puis, jÂ’ai tout de suite vu le cĂ´tĂ© traditionnel de ce mĂ©tier, une facette importante pour moi, confie-t-elle. CÂ’est sans doute une influence de lÂ’endroit oĂą jÂ’ai grandi, une maison centenaire.  » Ă€ cette tradition quÂ’elle veut perpĂ©tuer sÂ’allie une modernitĂ© quÂ’elle dĂ©sire illustrer.

Explorer la terre, découvrir le monde
Si Marie souhaite explorer la terre quÂ’elle façonne, cÂ’est aussi en explorant le monde quÂ’elle veut le faire. Voyageuse dans l’âme, elle est avide de dĂ©couvrir dÂ’autres cultures. CÂ’est ainsi quÂ’elle sÂ’organise un premier stage en Australie. «  Il nÂ’y a pas lĂ -bas de tradition comme au Japon; cÂ’est une nouvelle vision, explique-t-elle. JÂ’ai donc Ă©crit Ă  quelques artistes influents et jÂ’ai choisi celui qui mÂ’intĂ©ressait le plus parmi ceux qui ont acceptĂ© de me recevoir.  »

En Australie, Marie profite de lÂ’expĂ©rience dÂ’un mentor, qui lui permet dÂ’explorer diverses facettes du mĂ©tier. «  JÂ’ai vu ce quÂ’Ă©tait la vie dÂ’un cĂ©ramiste au quotidien, ce quÂ’il doit faire pour en vivre, raconte-t-elle. Par exemple, jÂ’ai appris Ă  varier mes activitĂ©s, ma pratique; Ă  faire du tour mais aussi du façonnage, Ă  faire de lÂ’utilitaire et des Âśuvres sculpturales. JÂ’y ai Ă©galement fait de lÂ’assistance en enseignement.  »

Par ailleurs, Marie a Ă©tĂ© choisie pour un stage de trois mois en Alberta et devrait savoir bientĂ´t si elle sera acceptĂ©e pour un impor­tant stage dÂ’un an Ă  Toronto, au Harbourfront Centre. «  Une trentaine dÂ’artistes sont sĂ©lectionnĂ©s pour ce stage au seul centre au Canada qui rassemble la joaillerie, le textile, le verre et la cĂ©ramique. Nous y passons une annĂ©e complète Ă  crĂ©er et la galerie dÂ’art nous reprĂ©sente, continue-t-elle. CÂ’est mon rĂŞve! CÂ’est Ă  aire ouverte, le public voit les ateliersÂ…  »

Des œuvres remarquées
La Ville Reine canadienne revêt un cachet particulier pour la céramiste de Québec. Malgré la jeunesse de sa carrière, elle y a remporté le grand prix du Gardiner Museum lors de sa première participation au salon One of a Kind, en 2009. L’unique musée de céramique en Amérique du Nord a ainsi reconnu la qualité de sa production, le caractère distinctif et l’avenir prometteur de ses pièces, la rigueur de son travail de même que l’élégance et les justes proportions des formes de ses œuvres.

«  JÂ’aimerais y apporter quelque chose de nouveau, dÂ’unique et donc de très personnel, souligne Marie Ă  propos de son travail. Je fais beaucoup de recherche pour me dĂ©passer et amener la cĂ©ramique plus loin, mĂŞme si on ne rĂ©invente rienÂ…  » Pour y parvenir, elle porte entre autres une attention particulière aux glaçures et au traitement des surfaces : «  Je suis fascinĂ©e par la chimie et je joue beaucoup, par exemple, avec les oxydes naturels.  »

Mais Marie aime toutes les étapes du rituel de fabrication d’une pièce de céramique, du pétrissage à la dernière cuisson, qu’elle fait à haute température dans un four à gaz. Et cet amour transcende ses œuvres, que vous pouvez voir à Québec, à la Maison de thé Camellia Sinensis.

www.mariesthilaire.ca

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