Isabelle Lockwell, artiste peintre






Alchimiste des émotions
Joyeux et lumineux, tels sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit pour décrire les tableaux de l’artiste peintre Isabelle Lockwell. Même ses accès de tristesse, elle les transforme en toiles inspirantes et réconfortantes, en un baume pour l’âme. Alchimiste, elle transcende la douleur pour créer du bonheur.

Dès l’âge de 12 ans, Isabelle a su qu’elle serait artiste peintre. « En première année du secondaire, j’ai fait un travail en arts plastiques à l’encre et ç’a été le déclic, se souvient-elle. En fait, je peins depuis que je suis toute petite, mais je ne montrais mes choses à personne. Jusqu’à ma première exposition en 2002, je mettais tous mes tableaux dans mon garde-robe; je peignais pour moi, pour me faire du bien. »

Cette exposition au début des années 2000 coïncide avec son retour d’Obedjiwan, en pays attikamek dans le Nord-du-Québec. Isabelle y a enseigné les arts plastiques durant deux ans. « J’avais toujours été quelqu’un de triste, de renfermé, confie l’artiste. J’étais une éponge sensible à la douleur et à la peine des autres et j’ai l’impression que l’éponge était tellement pleine de cette lourdeur qu’il ne restait plus de place pour la légèreté. » Puis, à 28 ans, elle est partie travailler chez les Attikameks d’Obedjiwan, où personne ne la connaît et où elle ne connaît personne. Et survient le choc culturel… « Ç’a été un choc incroyable dans ma vie, qui m’a permis de redéfinir qui j’étais parce que je me trouvais dans un environnement tout à fait nouveau, la peintre n’avait plus aucun cadre! rigole Isabelle. Ç’a été une renaissance. »

De retour dans le « Sud », l’artiste, et la femme, est beaucoup plus sûre d’elle-même. Et plus joyeuse aussi! « Je suis encore très sensible à la tristesse, ça fait partie de mon ADN… Sauf que, dans mon atelier, je suis capable de transformer cette tristesse en quelque chose de beau et de constructif. »

L’alphabet lockwellien
Ainsi, ce n’est qu’en 2002, enfin joyeuse et plus confiante, qu’Isabelle dévoile son grand talent lors d’une exposition solo. Le public découvre alors son univers rempli de symboles, l’alphabet lockwellien…

Les œuvres d’Isabelle sont aisément reconnaissables par les histoires qu’elles suggèrent, les contes qui s’y tissent. Plusieurs symboles reviennent souvent dans ses toiles : la spirale, la cible, le X, les petites boules, la fleur, la coupe… « Au début, quand j’ai commencé à voir qu’il y avait des symboles récurrents dans ce que je peignais, je me suis posée des questions. Mais à un moment donné, je me suis octroyé le droit de peindre et de vider la banque de symboles. Ça prendra le temps que ça prendra! me suis-je dit », déclare-t-elle. Puis, à son grand étonnement, de nouveaux symboles ont continué de s’ajouter jusqu’à pratiquement former un alphabet.

« Aujourd’hui, je joue avec ces symboles qui ont un sens bien précis, explique Isabelle.
Par exemple, les boules, qui étaient au début de petits bourgeons, contiennent chacune un projet dont je n’ose pas parler avec des mots. Le X marque un endroit précis, un ici-maintenant clair, alors que je suis une fille plutôt floue, plus poétique que pragmatique. C’est au fil du temps, en regardant mes tableaux, que j’ai vu tout ça. »

L’ouverture
Parmi les symboles d’Isabelle, la spirale occupe aussi une place importante. Elle peut signifier tout à la fois le repli sur soi ou l’ouverture, selon le sens où l’on va… Et après avoir longtemps emprunté cette spirale en allant vers le centre, se repliant sur elle-même, Isabelle peint maintenant en s’ouvrant à l’autre.

« Quand j’ai fait ma première exposition, j’ai été bouleversée de voir des gens s’intéresser à mes tableaux et être touchés. Je n’avais jamais pensé que ce que je faisais pouvait rejoindre des gens. C’est à ce moment que j’ai compris qu’un artiste est tourné vers les autres quand il crée. Je suis sortie de mon nombril et depuis, quand je peins dans mon atelier, je pense toujours à quelqu’un, mais à personne en particulier. »

Cette relation intime qu’Isabelle tisse avec l’autre, cet inconnu, lui permet de garder contact avec le monde, d’être en « communion avec les gens ». Mais si elle peint toujours pour quelqu’un, quelque part, elle ne peint pas pour plaire. « Je veux juste rejoindre l’humain pour l’humain. » Et peut-être l’inviter dans l’une des petites maisons que l’on retrouve souvent dans ses toiles. Des petites maisons qui sont pour Isabelle des petits refuges, là où elle transforme notre tristesse en joie. Et ça marche!

Expositions à venir :
février 2011 (collective) : galerie L’Espace contemporain, Québec
mai 2011 (solo) : salle d’exposition Jean-Paul-Lemieux, Bibliothèque Étienne-Parent, Québec
novembre 2011 (solo) : Maison des arts et de la culture, L’Ancienne-Lorette
janvier 2012 (solo) : salle Reine-Malouin, Bibliothèque de Charlesbourg, Québec

www.isabellelockwell.com

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