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Julie Lambert, artiste en arts visuels






Mue par l’indignation face aux injustices de la vie et par l’envie d’explorer le monde dans toutes ses contradictions et sa complexité, Julie Lambert s’exprime à travers la sculpture, les œuvres picturales et même les courts métrages. « Ces trois médiums me permettent de raconter, de laisser des traces, de créer des œuvres différentes qui s’adressent à divers publics, affirme-t-elle. Chaque sujet appelle son médium. »

Dénoncer l’injustice
Ayant réalisé ses premières expérimentations artistiques dans un carré de sable, avec de la plasticine et même de la pâte à tarte, l’artiste de Drummondville avait déjà, toute jeune, une âme créatrice. Son père, qui pratiquait le métier de peintre en bâtiments, possédait un atelier dans la résidence de sa grand-mère, qui habitait à deux pas de la maison. Cet espace se révélait impressionnant, voire mythique, pour la petite fille de l’époque. « À 12 ans, j’ai eu droit à ma propre boîte de tubes de peinture à l’huile… d’artiste! » s’exclame-t-elle. C’est donc à ce moment que l’art est réellement entré dans sa vie.

Au fil des ans, l’artiste s’est aussi découvert une passion pour la biologie, domaine de prédilection qui influera quelque peu sur ses créations. C’est là que « la céramique est arrivée dans ma vie, en même temps qu’une grossesse!  explique-t-elle. J’ai eu la piqûre pour l’argile et pour le bébé, évidemment. J’ai donc décidé de ne pas terminer mon bac en biologie, mais je suis demeurée une écologiste dans l’âme. Mon amour pour la vie et la nature se retrouve d’ailleurs dans toutes mes créations ».
Raconte-moi une histoire…

Véritables témoins de notre société consumériste, complexe et parfois même contradictoire, les œuvres de Julie symbolisent le monde, suscitent une réflexion et soulèvent des paradoxes. « Pour moi, l’œuvre, en plus d’être esthétique, doit être porteuse d’idées, de messages, d’une histoire », mentionne celle qui puise son inspiration dans le quotidien. Un poème, une musique, une chanson ou un événement fortuit peut devenir l’élément déclencheur d’une œuvre entière. Mais la plupart du temps, c’est l’indignation qui suscite en elle le besoin de dénoncer, l’envie de militer. « Une nouvelle à la radio, un reportage, une lecture qui m’exaspère… J’ai besoin de ne pas faire semblant que tout cela n’existe pas. C’est ma façon de ne pas tomber dans une apathie trop généralisée », précise-t-elle.

Principal sujet de ses créations sculpturales, la bernache occupe une grande place dans la vie de l’artiste, non pas pour son aspect physique, mais plutôt pour sa symbo-lique. Elle constitue, en fait, sa muse. « Elle représente la liberté, pour moi. J’aime faire le parallèle entre le couple de bernaches et le couple d’êtres humains. Je suis fascinée par ces oiseaux migrateurs majestueux. Dans leur couple, ils sont unis pour la vie; ils sont toujours liés malgré la blessure et ils risquent leur propre vie pour celle de l’autre. Ils vivent même un deuil après la mort de leur partenaire! Le plus grand défi pour un couple, c’est de se sentir libre avec l’autre. De mon côté, j’ai la chance d’avoir trouvé ma bernache à moi! » admet sans hésiter Julie.

Multidisciplinaire, la créatrice crée également des œuvres picturales dans lesquelles elle exprime sa grande sensibilité. Particulièrement touchée par la condition humaine, l’évolution, la transformation de la société, ses valeurs et son avenir, elle dévoile aux observateurs ses craintes et ses espoirs. Depuis quelques années déjà, ses œuvres picturales de très grand format sont composées de plusieurs œuvres juxtaposées qui ont chacune leur propre signification mais qui, une fois assemblées, révèlent une trame narrative. « À ce moment, l’histoire ne m’appartient plus. Chaque spectateur l’interprète avec ses propres références », explique-t-elle.

Initiée à la vidéo par ses deux filles, qui ont étudié dans le programme Lettres, cinéma et théâtre, au Cégep de Drummondville, Julie est tombée amoureuse avec le média. « Je l’ai découvert avec force dans mon projet La terre a une mémoire, présenté dans deux festivals de films en 2008 (le Festival de films de Portneuf sur l’environnement et le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue). Ce qui me plaît avant tout, c’est le mélange des différents médiums qui se font écho et qui rendent l’œuvre unique et inclassable », précise-t-elle.

Des projets d’avenir
Hommage au gros bon sens, voilà le titre de l’exposition sur laquelle travaille présentement Julie. Il s’agit « d’une œuvre picturale dans laquelle les fibres textiles seront à l’honneur. Une sorte d’hommage à ma mère et à une génération de femmes qui ignoraient le vocabulaire du recyclage et qui, probablement par nécessité, ne gaspillaient rien et réutilisaient tout », explique l’artiste. Une vidéo accompagnera les toiles; elle fera référence à la consommation, en particulier à celle des produits de la mode qui proviennent de l’étranger. Pour ce faire, Julie se rendra en Chine sous peu afin de recueillir des images signifiantes sur le sujet.

Pour réaliser ce projet, qu’elle présentera à l’été 2011 à Drummondville, Julie a reçu une bourse de création du Conseil des arts et lettres du Québec et une autre de la Conférence régionale des élus du Centre-du-Québec. « J’espère pouvoir présenter mes œuvres dans un espace d’exposition dans la région de Québec ou de Montréal. Je n’ai pas encore trouvé l’espace idéal, la dimension de mes œuvres posant parfois problème. Je lance cette demande dans l’univers! »

Lorsqu’on lui demande ses plans pour l’avenir, elle répond sans hésiter : « Je n’ai pas de plan de carrière, j’ai seulement des projets qui se succèdent. La vie est un projet! »

www.julielambert.ca

Galeries :
Galerie d’art Solange Lebel, Drummondville
Galerie d’art Au P’tit Bonheur, La Malbaie

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