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Josée Landry-Sirois, artiste en arts visuels






Dessiner dans la contrainte

Dans le paysage des arts actuels de la capitale, Josée Landry-Sirois prend sa place avec force en suscitant par ses dessins des mises en scène souvent inclassables. Résistant à toute définition, elle offre son travail sans retenue en présentant un juste équilibre des sujets qui la touchent : la symbolique, le rêve et le langage architectural.

Native de Rimouski, Josée Landry-Sirois vit et travaille à Québec depuis neuf ans. Elle détient un baccalauréat en arts plastiques et un certificat de deuxième cycle en édition de livres d’artistes, obtenus à l’Université Laval. Âgée de 29 ans, elle dessine depuis toujours.

Occuper l’espace
Si les premiers dessins qu’elle a présentés étaient classés dans la catégorie des petits formats, à une époque où elle exposait peu et où elle était encore méconnue, l’artiste était à la veille de sortir de sa zone de confort et de s’imposer sur la scène des arts. « Le propre de travailler, c’est de faire de la recherche, de ne pas rester dans quelque chose de résolu », explique celle qui préfère la contrainte à l’habitude.

En 2008, portée par le désir du dépassement, l’artiste s’impose un défi qui tient de la prouesse : « J’ai été invitée au Symposium international d’art contemporain, à Baie-Saint-Paul. Je devais leur présenter des petits formats, mais j’ai finalement décidé de dessiner sur des papiers de 20 pi », se souvient l’artiste.

Sans le savoir, Josée Landry-Sirois vient alors de s’approprier un espace vacant en arts visuels, le sien. Les œuvres qu’elle crée ensuite sont souvent monumentales et vont bien au-delà de la dimension du papier. À la manière d’œuvres in situ, ses créations habitent avec ampleur les murs blancs des lieux de diffusion où elle expose maintenant régulièrement. Depuis, la critique souligne son travail et la Ville de Québec lui a remis un prix (pour le Concours d’œuvres d’art de la Ville de Québec 2009).

Des mises en scène symboliques, oniriques et architecturales
Dans ses créations, l’artiste transpose sur papier un langage à la fois universel et personnel. Elle s’adresse à nous en usant d’une symbolique propre à tout homme (cœur, oiseaux, croix, etc.) et en utilisant à répétition des codes mystérieux qui rappellent le morse ou un mantra. « Ce sont des codes qui permettent de se mettre dans un état de travail. Mon travail tourne aussi autour de l’accumulation. Pour moi, plus les choses se répètent, plus elles prennent de sens », explique celle qui, depuis l’enfance, collectionne de nombreux objets, tels que des papiers de bonbon et des mouchoirs (utilisés quand elle pleure). Certaines de ses collections deviennent d’ailleurs des œuvres, comme celle du cœur immense qu’elle a créé à partir d’allumettes craquées qu’elle avait accumulées avec le temps.

Josée Landry-Sirois travaille aussi à introduire dans ses dessins un langage du bâtiment qui rappelle celui de l’architecte. Des semblants d’édifices s’érigent ainsi pour bâtir des univers singuliers dans lesquels elle nous invite à entrer, comme on entre dans un rêve, dans un lieu qui n’existait pas l’instant d’avant. « Je cherche à partager des espaces pour qu’on s’y perde ou qu’on s’y retrouve. J’ai besoin de partager un langage qui touche les gens et qui communique avec eux », explique l’artiste.

Sur une belle lancée
Josée Landry-Sirois prépare actuellement une exposition solo pour la Peak Gallery de Toronto, qui aura lieu en 2011. Elle donne également des ateliers de création en collaboration avec le Musée national des beaux-arts du Québec et l’organisme sans but lucratif Folie/Culture, qui démystifie les maux en santé mentale. Les ateliers, appelés Faire Manie, permettent à des gens aux prises avec des problèmes de santé mentale de créer des œuvres qui seront par la suite diffusées au Musée. « Je fais un lien avec mon travail en réalisant avec eux une tapisserie d’obsessions. Ça deviendra un très grand projet dans l’espace physique », explique Josée Landry-Sirois.

Engagée sur sa lancée depuis 2008, l’artiste continuera certainement de meubler avec force et agilité le paysage des arts visuels et actuels de la capitale. Celle qui repousse sans cesse ses propres limites n’a sans doute pas fini de nous surprendre. « On m’a dit un jour que pour faire de l’art, il fallait labeur et acharnement. C’est un travail quotidien. Il faut être à jour, et conscient de ce qu’on est en train de faire et de qui l’on est lorsqu’on le fait », résume-t-elle.

À noter que la dernière exposition solo de Josée Landry-Sirois a été présentée à la Galerie Tzara, un lieu de diffusion qui fait un important travail de promotion pour les artistes émergents de la capitale.

Galerie Tzara, 375, rue Saint-Paul, Québec,
www.galerietzara.com

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