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Alexandra Ratté, céramiste






Adepte du plein air, Alexandra Ratté a véritablement pris racine dans la terre… d’argile. Alors qu’elle s’orientait vers une carrière aux notions relativement abstraites, le droit, elle a plutôt bifurqué vers un domaine terre-à-terre. Elle a été séduite par une matière qui sert au quotidien dans nos cuisines et qu’elle prend plaisir à égayer de vives couleurs.

Nature d’argile
Après avoir obtenu son diplôme en techniques juridiques, Alexandra a décidé de prendre une année sabbatique afin de réfléchir à son avenir avant de poursuivre ses études en droit à l’Université Laval. Au cours de cette année, elle travaillait comme guide de plein air pour une entreprise de Québec, un emploi qu’elle a occupé pendant toute sa scolarité. Elle était justement en excursion d’escalade lorsqu’elle a découvert la céramique; de passage dans le parc Les Palissades, dans Charlevoix, elle a visité la Poterie de Port-au-Persil, à la fois une galerie-boutique et un atelier-école. C’est un premier flirt avec l’argile.

Dès son retour à Québec, Alexandra s’est inscrite au Cégep Limoilou, en technique des métiers d’art – céramique. « C’était juste pour le plaisir d’apprendre, se souvient-elle. Je ne pensais pas faire ça pour gagner ma vie, je ne savais même pas que c’était un métier! » C’est lors de sa première session, en visitant des ateliers de céramistes, qu’elle réalise que l’art de fabriquer des objets à partir de l’argile est un métier, que ce sera même le sien… C’est le coup de foudre pour la terre et l’argile, d’autant plus qu’elle pourra être sa propre patronne.

Début fulgurant
Dès sa sortie du cégep en 2009, Alexandra met les bouchées doubles, son « patron » ne lui laissant aucun répit… À l’automne 2009, elle expose entre autres au One of a kind à Toronto, au Salon des métiers d’art de Québec et au Marché de Noël du Vieux-Port de Québec. Au printemps 2010, elle est retournée à Toronto… sans oublier que plus d’une quinzaine de boutiques offrent ses pièces!

De plus, Alexandra reçoit sa clientèle dans son atelier-boutique à Cap-Santé. Avec son frère, elle a emménagé dans un entrepôt qu’ils restaurent ensemble; elle y a installé son atelier qu’elle ouvre au public les fins de semaine en été et en décembre. Ainsi, on peut la surprendre en pleine production et apprécier son travail.

Femme colorée
À son image, l’atelier d’Alexandra est coloré, c’est le moins que l’on puisse dire… Le plancher est vert fluorescent, sa couleur fétiche. Une couleur que l’on retrouve également dans sa céramique, comme l’orangé et le bleu. Ces teintes animent fort bien une cuisine! « Les décors et les coloris de mes créations ont pour but d’égayer le rôle qu’occupe la céramique dans nos vies au quotidien », affirme d’ailleurs l’artisane.

Uniques, les couleurs de la céramiste ont été longuement élaborées. « J’ai fait des recherches et des expériences pendant un an afin de trouver les tons que je désirais, des couleurs vives et pures qui s’agencent les unes aux autres », soutient Alexandra. Puisque les pièces s’harmonisent toujours entre elles, on peut ajouter des éléments à notre cuisine au fil du temps.

Terre nature
Alexandra travaille avec deux sortes de terre, la blanche et la noire. Elle utilise la noire uniquement pour les plus grosses pièces, pour faire l’extérieur, mais elle fait l’intérieur de la pièce avec de la terre blanche qui, elle, peut être teinte.

La nature inspire Alexandra lorsque vient le temps d’orner ses pièces. Fleurs et insectes sont à l’honneur. Sur la terre blanche, elle peint au pinceau avec de la terre noire qu’elle dilue jusqu’à ce qu’elle ait la consistance de la gouache. Elle l’applique après la première cuisson et avant la dernière cuisson, à 1186 °C avec la glaçure. Elle accentue les lignes de ses dessins et ajoute aussi de la perspective à l’aide de la gravure.

Le dessin ne cause aucun souci à l’artiste. « J’ai toujours dessiné, se souvient-elle. Dès l’âge de dix ans, j’étais inscrite à des cours de peinture, mais je n’ai jamais pensé en faire mon métier… »

Aujourd’hui, non seulement elle fait de l’art son métier, mais elle le trouve des plus gratifiant. « Je fais tout de A à Z : dessiner la pièce, la fabriquer, la vendre en boutique… et c’est très valorisant d’aller manger chez des amis et de voir ma vaisselle égayer la table. » Il faudrait juste dire à la « patronne » de laisser son « employée  » souffler un peu… Elle le mérite amplement!

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