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Julie Savard, sculpteure : nature métallisée






Les titres des œuvres de la sculpteure Julie Savard – Corail de feu, Pleurotes, Mauvaise herbe, Pet de loup, Herbette… – indiquent bien sa principale source d’inspiration : la nature. Pour représenter cette nature, elle a cependant choisi un médium très urbain, l’aluminium, pour provoquer un choc nature-culture des plus intéressant.

Issue de la Maison des métiers d’art de Québec en 2002, Julie Savard y a d’abord appris l’ABC de la sculpture en travaillant le bois et d’autres matières, mais une petite voix s’est élevée en elle dès qu’elle a touché au métal pour la première fois. « J’aime transformer la tôle froide, frigide, la découper, même la détruire, de façon à créer un volume, explique l’artiste. J’aime dénaturer la froideur du métal pour le rendre chaleureux et dynamique. »

Chaleur et dynamisme sont par ailleurs deux mots qui décrivent bien Julie. Native de Saint-Romuald, mais déménagée dans un rang de Saint-Lambert à l’âge de huit ans, la sculpteure a toujours été attirée par les arts. « Au secondaire, les arts plastiques m’ont gardée à l’école », confie-t-elle. C’est donc naturellement qu’elle s’est inscrite dans cette discipline au cégep, avant de poursuivre à la Maison des métiers d’art de Québec. Timide et discrète, c’est dans son art qu’elle s’exprime, s’éclate…

La petite Julie au pays des géants…
Amoureuse de la nature depuis qu’elle a connu le boisé derrière la maison fami-liale de Saint-Lambert, Julie a conservé cet amour de la campagne et de la nature. « Lorsque je me promène dans le bois, je fais attention aux détails. Mais même en ville, la nature est partout, elle peut pousser entre deux dalles de béton… »

Ce sont ces éléments de la nature que Julie aime reproduire. « J’ai commencé par faire de petites pièces, mais ce qui m’accroche, c’est quand ça éclate! » affirme l’artiste. Et pour « éclater », ça éclate… La sculpteure réalise mainte-nant des œuvres de grand format. Par exemple, l’œuvre Corail de feu fait plus de 2 m de haut. … Lorsque l’on se promène à côté de Mauvaise herbe (près de 2,5 m), on a l’impression de se retrouver au pays des géants… Et Julie rêve de faire encore plus grand! « J’aime les grandes pièces, j’aime ça quand ça frappe le regard. Surtout à l’extérieur, il faut que ça ait un impact. » Elle espère donc bientôt se qualifier et soumissionner pour les œuvres publiques (le fameux 1 % qui doit être consacré aux arts).

Déjà, quelques institutions s’intéressent à son œuvre : le Musée de la civilisation a un sapin de Noël monumental (5 m) en aluminium anodisé et la Caisse populaire des Rivières prendra bientôt possession de Nageoire.

L’aluminium dans la nature…
Par leurs dimensions, on aura compris que plusieurs des pièces de Julie sont destinées à être exposées à l’extérieur, par exemple dans un jardin. C’est d’ailleurs l’un des avantages de l’aluminium : il ne se détériore pas à l’extérieur.

Par contre, cet alliage comporte quelques inconvénients pour le créateur lorsqu’il le façonne. « J’aime la poussière », raconte Julie en riant. Oui mais même si l’on aime la poussière, il faut prévoir un endroit bien aéré lorsque l’on travaille l’aluminium au plasma : les particules qui se dégagent alors sont toxiques. « Par contre, poursuit la sculpteure, le plasma est beaucoup plus précis que la scie et aussi plus rapide. Ça me permet également de davantage dénaturer la tôle et ensuite d’aller chercher des formes, en martelant, par exemple. »

Depuis quelque temps, Julie explore aussi la technique d’accumulation, qui consiste à assembler de nombreuses petites pièces pour en faire une grande, comme sa plus récente œuvre, Pet de loup, à laquelle elle a ajouté de la couleur avec de la résine de synthèse colorée à l’aide de pigments naturels.

Question piège pour terminer : quelle est ta pièce préférée? « On est toujours content de notre évolution, ce sont donc les dernières qu’on aime le plus… » Souhaitons donc qu’il y ait encore de très nombreuses « dernières ». D’autant plus que Julie, âgée d’à peine 30 ans et membre active de la Coopérative d’artisans producteurs en arts visuels du Bloc 5, dans Limoilou, a encore bien des « secrets » de la nature à faire éclater au grand jour.

Le Bloc 5 : 150, 5e Rue, Québec
www.ju-sculptures.com

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